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electionsvia France Info··5 min de lecture

"Quand vous êtes vraiment habité par un sujet, vous ne sautillez pas d'un ministère à l'autre" : l'ascension éclair de Gabriel Attal, l'"homme pressé" qui espère conquérir l'Elysée

Personnalités citées :Gabriel AttalEmmanuel MacronElisabeth BorneBenjamin GriveauxMarisol TouraineSophie VénétitayPrisca ThevenotBenjamin Morel
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Le contexte

Gabriel Attal est un homme politique français qui a occupé plusieurs postes au sein du gouvernement depuis 2018. Il a été élu député en 2017 et a rapidement gravi les échelons, devenant porte-parole du gouvernement et ministre de l'Éducation nationale. Son parcours est marqué par une succession rapide de postes, ce qui suscite des interrogations sur son impact durable en politique.

Ce qu'il faut retenir

Gabriel Attal a officialisé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, visant à devenir le plus jeune président de la Ve République. Il a occupé plusieurs postes ministériels en peu de temps, mais son bilan est jugé superficiel. Bien qu'il soit populaire et reconnu pour ses compétences en communication, il est critiqué pour son manque de profondeur idéologique et son incapacité à laisser une empreinte durable. Son départ rapide de Matignon après une courte période soulève des questions sur son avenir politique.

Ce que ça change

La candidature de Gabriel Attal à la présidentielle pourrait redéfinir les dynamiques au sein du parti Renaissance et influencer le paysage politique français. Son image de communicateur efficace pourrait attirer des électeurs, mais son bilan ministériel pourrait également être un handicap. Son appel à 'déparisianiser la France' pourrait résonner avec des électeurs en dehors des grandes villes, cherchant un lien plus fort avec les territoires ruraux.

L'article complet

Source originale sur francetvinfo.fr

Gabriel Attal, qui a officialisé vendredi sa candidature dans l'Aveyron, a occupé plusieurs postes stratégiques au gouvernement en huit ans, sans jamais y rester longtemps. S'il a réussi à s'imposer comme un responsable politique connu des Français, son bilan reste en surface.

Il pourrait effacer Emmanuel Macron des livres des records. Si Gabriel Attal, qui vient d'officialiser sa candidature à l'Elysée vendredi 22 mai à Mur-de-Barrez (Aveyron), était élu en 2027, il deviendrait le plus jeune président de la Ve République. Après avoir été le plus jeune Premier ministre et le plus jeune membre d'un gouvernement depuis 1958, il achèverait ainsi de forger sa légende de précocité.

Il y a dix ans, le patron du parti Renaissance était pourtant un simple conseiller en cabinet ministériel, comme il en existe des dizaines dans la sphère politique. Aujourd'hui, après avoir occupé plusieurs postes stratégiques, il concourt à l'élection suprême – même s'il est loin d'en être le favori. Retour sur la trajectoire éclair du macroniste, qui, si elle lui a donné de l'expérience, ne lui a pas forcément permis de laisser une empreinte durable.

En juin 2017, Gabriel Attal a 28 ans et vient d'être élu député des Hauts-de-Seine. La politique ne lui est pas étrangère. Militant socialiste, il est conseiller au ministère de la Santé de Marisol Touraine depuis 2012, où son supérieur est Benjamin Griveaux, un des proches d'Emmanuel Macron. Depuis 2014, il est par ailleurs conseiller municipal de la ville de Vanves (Hauts-de-Seine).

Grâce à ses premières expériences, il se démarque immédiatement des nombreux néophytes qui composent les rangs d'En marche. Son aisance oratoire et sa capacité à s'exprimer devant les médias le propulsent rapidement porte-parole du parti . C'est le début de son ascension. "On a l'impression qu'il grille les étapes alors qu'il avance en politique depuis très longtemps", tempère Prisca Thevenot, députée Ensemble pour la République des Hauts-de-Seine. "C'est un élu local. Il est très attaché à ce mandat car il va irriguer toutes les décisions qu'il va prendre ensuite au niveau national" , poursuit-elle.

En octobre 2018, Gabriel Attal fait son entrée au gouvernement, à seulement 29 ans. Il occupe quatre postes, sous trois Premiers ministres différents : secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports (2018-2020), porte-parole du gouvernement (2020-2022), ministre des Comptes publics (2022-2023) et enfin ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse (2023-2024).

Sa progression est linéaire : il passe d'un premier poste qui permet d'apprendre les rudiments de l'exercice du pouvoir à l'exercice ultra-politique du porte-parolat, qui lui offre une notoriété médiatique en pleine période du Covid-19. Il accède ensuite à la gestion du budget, où il démontre des compétences techniques, et achève son parcours ministériel à l'Education, un portefeuille compliqué mais qui traite de la vie quotidienne de millions de Français.

Si ces nombreux maroquins lui permettent de se forger une expérience, Gabriel Attal a-t-il pour autant un bilan ? Il n'a occupé chaque poste que peu de temps : moins de deux ans à la Jeunesse et comme porte-parole, à peine plus d'une année aux Comptes publics, et cinq mois seulement à l'Education nationale. Dans ses fonctions successives, le jeune ministre a porté le Service national universel, mais aussi la semaine de quatre jours pour les fonctionnaires. Le premier n'est plus d'actualité , et l'expérimentation de la seconde, si elle continue, n'a pas encore été généralisée.

Quant au fameux "choc des savoirs" , promesse de Gabriel Attal, il a été détricoté par ses successeurs à l'Education, qui ont enterré la création des groupes de niveaux . Il a néanmoins incarné la fonction par ses prises de position contre le port de l'abaya à l'école ou par son combat contre le harcèlement scolaire . " Aujourd'hui, on a plutôt l'impression que c'était finalement un homme très pressé, qui s'est servi de l'Education comme tremplin politique" , commentait en janvier 2024 sur franceinfo Sophie Vénétitay, responsable du Snes-FSU, le premier syndicat des professeurs de collèges et lycées.

Populaire dans l'opinion, Gabriel Attal est en effet choisi par Emmanuel Macron en janvier 2024 pour devenir son Premier ministre , en remplacement d'Elisabeth Borne. Objectif : redonner du souffle à son second quinquennat. "C'est trop facile de dire qu'il n'est pas resté assez longtemps dans ses missions , défend Prisca Thevenot. Il a accompli, en peu de temps, ce qui prend deux ans à d'autres à mettre en place ." Elle cite l'interdiction de l'abaya en milieu scolaire ou encore la lutte contre la fraude sociale et fiscale quand il était à Bercy. "Quand vous êtes vraiment habité par un sujet, vous ne sautillez pas d'un ministère à l'autre" , cingle néanmoins un ministre du premier quinquennat d'Emmanuel Macron.

L'image est célèbre. En juin 2024, au soir des élections européennes, Emmanuel Macron réunit les barons de son mouvement pour leur annoncer qu'il va dissoudre l'Assemblée nationale. Gabriel Attal a le regard noir. Il a compris que le président de la République signait la fin de son bail à Matignon, six mois après l'avoir nommé. Icare a les ailes brisées en plein envol.

Ce départ est une énorme frustration pour le jeune chef de gouvernement. Pris par la colère des agriculteurs dès son arrivée à Matignon, il n'a pas eu le temps d'imprimer sa marque. "Il n'y a eu aucune grande réforme, ni mesure marquante. Il a un bilan législatif qui est faible, mais c'était attendu", jugeait le constitutionnaliste Benjamin Morel à son départ. "Il ne se l'avouera jamais, mais c'est plutôt une bonne chose pour lui. Il n'était pas abîmé en quittant Matignon", estime un proche de l'ancien Premier ministre. En annonçant sa candidature à la présidentielle dans l'Aveyron, territoire rural, Gabriel Attal souhaite sans doute reprendre ce dialogue avec les Français, interrompu trop rapidement à son goût. "Il faut déparisianiser la France" , lançait-il déjà à Colmar (Haut-Rhin), où il était en déplacement le 19 mai.

Son image demeure : Gabriel Attal est un bon communicant, mais il ne parvient pas à s'inscrire dans la durée. "Il est très talentueux mais on ne sait pas ce qu'il pense. Il n'y a pas de corpus idéologique ou de colonne vertébrale. Il réagit par coups en fonction de l'opinion publique" , juge un cadre macroniste. "Il est obsédé par la com, c'est invraisemblable", regrette l'ancien ministre cité plus haut.

"C'est notre leader incontesté mais il n'y a pas d'enthousiasme" : Gabriel Attal, futur candidat à la présidentielle, fait-il vraiment l'unanimité au sein de Renaissance ?

Texte extrait depuis l'article original sur francetvinfo.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur francetvinfo.fr.

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