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Raphaël Glucksmann vient de publier « Nous avons encore envie » (Allary Editions), qui ébauche sa vision de la France de demain. Le dirigeant de Place publique s’est donné trois mois pour finaliser son entrée en campagne, signe qu’il a encore quelques obstacles à contourner d’ici là.
Disons-le franchement : le titre de ce livre-plaidoyer politique est mièvre. C’est un clin d’œil à une chanson de Johnny Hallyday, une icône populaire certes, mais l’envie et la politique ne sont pas « des mots qui vont très bien ensemble » , pour paraphraser Paul McCartney. Cela étant dit, la lecture de l’ouvrage s’avère intéressante, même si elle soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.
Lors d’une interview dans l’émission « 28 minutes » sur Arte, à l’automne 2018, Glucksmann avait déclaré : « Quand je vais à New York ou à Berlin, je me sens plus chez moi culturellement que quand je me rends en Picardie. Et c’est bien là le problème. Il faut sortir de soi-même, ce que ne fait plus majoritairement l’élite française. On peut trouver géniale l’émancipation vis-à-vis de toute structure collective, mais cela ne nous permet pas de faire un peuple. Or, il n’y a pas de démocratie si on ne fait pas un peuple. »
Ces propos ont souvent été tronqués pour suggérer que le dirigeant de Place publique était déconnecté de la culture et des expériences sociales des Français. En réalité, le commentaire se voulait autocritique et soulignait l’éloignement social entre les élites politiques et les catégories populaires.
Glucksmann retrace adroitement son parcours professionnel et politique pour justifier ses prises de position actuelles. Il estime que ses quatre années auprès de Mikheil Saakachvili, président géorgien « embastillé » , à répéter que « Poutine ne s’arrêterait pas au Caucase » , puis son séjour auprès des insurgés de Maïdan à Kiev, en 2013, ont été édifiants. L’année 2014 est un basculement politique selon lui : le Front national remporte largement les élections européennes et « le Suicide français », d’Eric Zemmour, est publié à l’automne. Le livre connaît un succès phénoménal et consacre le triomphe culturel de l’extrême droite.
Décryptage Ecole, sécurité, fiscalité… Ce que Raphaël Glucksmann propose aux Français
