Présidé par Gilbert Cette, le Conseil d’orientation des retraites s’apprête à livrer son rapport annuel, qui doit être soumis ce jeudi 11 juin à ses membres. L’AFP et France Télévisions y ont eu accès. Au menu, dégradation des prévisions de déficits et report de l’âge de départ à plus de 67 ans.
Présidé par Gilbert Cette – un économiste en vue qui s’est récemment illustré avec un ouvrage appelant à restreindre le droit de grève –, le Conseil d’orientation des retraites (COR) s’apprête à livrer son rapport annuel, qui doit être soumis jeudi 11 juin à ses membres mais auquel l’AFP et France Télévisions ont eu accès. Sans trop de surprise, le Conseil d’orientation des retraites – repris en main par l’exécutif au moment de la dernière réforme avec l’éviction de son précédent président Pierre-Louis Bras – revoit ses prévisions de déficit à la hausse avec 2,4 % du PIB en 2070, contre 1,4 % dans le rapport de 2025.
Une révision due selon l’organisme aux nouvelles règles des retraites complémentaires Agirc-Arrco et à une nouvelle hypothèse concernant le taux de fécondité avec 1,45 enfant par femme (contre 1,8 auparavant). Pour y remédier, la recette privilégiée n’a rien à envier aux programmes présidentiels des macronistes, de la droite ou de l’extrême droite .
« Dans le scénario de référence, l’équilibre structurel annuel du système de retraite jusqu’en 2070 pourrait être assuré par le seul levier de l’âge de départ à la retraite. Cela impliquerait de porter l’âge moyen de départ à 64,4 ans en 2030, 65,8 ans en 2045 et 67,6 ans en 2070 » , indique, selon Franceinfo, le projet de rapport, contre un report à 66,5 ans mis sur la table l’année dernière.
« Ces simulations ont une vocation exclusivement pédagogique et ne constituent en aucune manière des propositions de réforme », prend soin de préciser l’institution qui évoque également comme hypothèses, selon l’AFP, une baisse moyenne relative des pensions de 7,4 points en 2070, ou l’augmentation des niveaux de prélèvement jusqu’à 5,6 points.
Qui est Gilbert Cette, l’économiste macroniste partisan de la restriction du droit de grève, à la tête du Conseil d’orientation des retraites
Économiste très prisé d’Emmanuel Macron, qu’il a soutenu officiellement en 2017 avant de s’en désolidariser, Gilbert Cette assumait déjà en janvier dernier : « Je rappelle que les Pays-Bas, l’Allemagne ou les pays scandinaves ont tous repoussé l’âge de départ, sans qu’aucun syndicat important ne songe aujourd’hui à le remettre en question. L’anomalie est en France. Les réformes indispensables ont toujours des difficultés à y être engagées. »
Pour ce qui concerne le moyen terme, le COR ne noircit pas le tableau par rapport à son précédent baromètre en 2025. Celui-ci resterait à 0,2 % du PIB en 2030 et 0,9 % du PIB en 2045 du fait, selon l’institution, à la fois du doublement de la prévision de solde migratoire (+ 150 000 personnes, contre 70 000 auparavant), et d’une espérance de vie qui augmenterait légèrement moins vite qu’anticipé.
Retraites : Gilbert Cette, l’économiste qui tente de faire du COR un outil au service des macronistes
Bonne nouvelle pour le gouvernement, le coût de la suspension temporaire de la réforme des retraites de 2023 (1,8 milliard d’euros en année pleine) dealé par le gouvernement Lecornu contre sa non-censure pourrait être absorbé par ces deux seuls facteurs.
L’urgence sociale, c’est chaque jour la priorité de l’Humanité .
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Retraites : sous la houlette de Gilbert Cette, le COR met sur la table un départ à 67,6 ans
