Alors que sa gouvernance est contestée par une partie du corps enseignant, le directeur de Sciences Po Luis Vassy maintient sa ligne et bénéficie du soutien du ministre de l’Enseignement supérieur
« La liberté est totale à Sciences Po », a assuré mercredi son directeur Luis Vassy, critiqué en interne après l’intervention de la police dans l’établissement, mais qui bénéficie du soutien du ministre de l’Enseignement supérieur. « La liberté à Sciences Po est totale, on peut tenir toutes les positions qu’on souhaite, même radicales », a-t-il affirmé sur France Inter.
Enseignement supérieur : "Sciences Po ne fait pas de politique", défend son directeur Luis Vassy, critiqué pour ses méthodes brutales https://t.co/aYcI9iM92e
Mais « nul n’est propriétaire des espaces communs, tout le monde peut les utiliser », a-t-il ajouté, défendant sa décision d’avoir fait intervenir la police en avril pour déloger des étudiants d’un amphithéâtre qui protestaient contre la proposition de loi Yadan visant à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme ». « C’est toujours, évidemment, mauvais que les forces de l’ordre entrent, c’est une forme d’échec collectif. Bien sûr qu’on veut d’abord régler les choses par le dialogue », a-t-il reconnu, tout en soutenant que, « en l’occurrence, les étudiants qui étaient réunis ont refusé le dialogue avec l’administration ».
Le 24 avril, la direction du prestigieux établissement parisien a fait appel à la police et environ 70 étudiants ont reçu une contravention de 400 euros inscrite à leur casier judiciaire, une sanction présentée par les étudiants comme inédite dans une enceinte universitaire. En réaction, 145 professeurs et chercheurs (sur environ 270) ont dénoncé une « escalade de la répression » de la part du directeur ainsi que son mode de gouvernance, qualifié d'« unilatéral ».
Luis Vassy est également critiqué pour sa politique du Centre de recherches internationales (Ceri), son ancien directeur Jean-François Bayart ayant dénoncé dans une tribune au journal « Le Monde » fin mai le projet de réorienter la recherche en matière de relations internationales en s’appuyant notamment sur l’industrie de l’armement. « Aujourd’hui, il y a des débats à Sciences Po et c’est très sain et très normal. Mais on ne peut pas dire qu’il y ait une crise », a soutenu Luis Vassy, désigné directeur de l’Institut d’études politiques de Paris en novembre 2024. « Sciences Po, ça n’est ni de droite ni de gauche », a-t-il assuré.
Pour Luis Vassy ( @lvassy ), directeur de Sciences Po, si son école “n'est pas un objet politique,” elle reste un espace commun ouvert à toutes et tous. Il répondait aux questions de Benjamin Duhamel ( @Ben_Duhamel ) dans La Grande Matinale. En savoir plus ➡️ https://t.co/njx3OgcqIB pic.twitter.com/pbk2LwRdYY
Sur franceinfo mercredi, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, lui a apporté, « bien sûr », son soutien, estimant qu'« il a restauré une forme de sérénité », notamment après les manifestations pro-palestiniennes de 2024. Dans une tribune publiée mardi dans le quotidien « Les Échos », 70 personnes, dont des enseignants, Bernard Cazeneuve et Clément Beaune - respectivement ministres sous François Hollande et Emmanuel Macron - ont aussi apporté leur soutien à Luis Vassy, relevant qu'« il n’a fait que jouer son rôle de chef d’établissement pour permettre à chacun de travailler et d’étudier sereinement. »
