Le Premier ministre Sébastien Lecornu le 14 octobre 2025 à Matignon - STEPHANE MAHE / POOL / AFP
Des tests anti-drogue jusque sous les ors de la République. Sébastien Lecornu a adressé, dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 juin, une circulaire à ses ministres et ministres délégués.
Celle-ci vient prévenir les ministres qu'ils devront dorénavant organiser des tests "inopinés" et obligatoires antidrogues pour leurs équipes, a appris BFMTV, confirmant une information de Politico .
"La consommation de stupéfiants par des agents publics, y compris de façon ponctuelle dans un cadre privé, constitue, au-delà de leur propre mise en danger et de l’impact sur le service, une vulnérabilité personnelle susceptible d’être exploitée par des groupes de pression, des réseaux criminels ou des manœuvres d’ingérence", peut-on lire dans la circulaire consultée par BFMTV.
Plusieurs cabinets ministériels ont confirmé auprès de BFMTV avoir reçu ce mercredi matin ladite circulaire.
La mesure s'adresse à de nombreux agents de l'État: des membres de cabinets ministériels ou encore es "titulaires d'emplois à la décision du gouvernement". La lettre du Premier ministre demande aux ministres de définir les catégories d'emploi "susceptibles d’être soumis à un dépistage régulier".
Le chef du gouvernement appelle à "une vigilance renouvelée vis-à-vis de tous les agents publics affectés à des postes pour lesquels l’emprise de la drogue constitue un danger particulièrement élevé pour eux-mêmes et pour les tiers".
Ces tests "salivaires" seront réalisés pour vérifier que les agents de l'État concernés ne sont pas empêchés dans leurs prises de décisions par des consommations de substances illicites.
"En cas de résultats positifs, vous apprécierez les conséquences qu’il convient de tirer, y compris sur un plan disciplinaire. Il en ira de même en cas de refus de se soumettre à ces tests. Vous veillerez en outre à ce qu’une orientation vers des structures de soins soit systématiquement proposée aux agents concernés", est-il écrit dans la circulaire adressée aux ministres.
Au-delà de l'État, l'idée de faire appliquer des tests anti-drogue aux élus a pris de l'ampleur à la suite des révélations entourant le député LFI Andy Kerbrat , pris en flagrant délit d'achat de stupéfiants en octobre 2024, et accusé d'avoir utilisé ses frais de mandats pour financer ses achats.
Régulièrement confronté ces dernières années à des règlements de compte dans la ville qu'il a dirigée pendant près de 12 ans, l'ex-maire de Grenoble Éric Piolle avait d'ailleurs appelé à tester anonymement élus et ministres en février 2025.
