Le président français Emmanuel Macron le 17 novembre 2025 à l'Élysée - SARAH MEYSSONNIER / POOL / AFP
Seulement un tiers des électeurs d'Emmanuel Macron en 2022 restent attachés au bloc central à l'approche de 2027 . Mais parmi eux, une majorité réclame des réformes profondes, selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès publiée ce vendredi 29 mai.
Seuls 35% des électeurs d'Emmanuel Macron de 2022 – les "héritiers" – restent fidèles au bloc central, autour d'Édouard Philippe et Gabriel Attal .
Trois autres segments s'en éloignent: 27% sont "tentés par la droite", 23% "tentés par la gauche" et 15% se disent "désabusés". Une fragmentation symptomatique de l'ancien électorat macroniste.
En 2022, Emmanuel Macron avait été réélu en aspirant les votes de la gauche et de la droite et ce dès le premier tour. Au détriment d'Anne Hidalgo, candidate socialiste (1,74%) et Valérie Pécresse, candidate LR (4,79%).
Mais même parmi les "héritiers" du bloc centriste, seulement 34,5% déclarent une forte probabilité de voter Horizons – le parti fondé par Édouard Philippe en 2021 – et 32,5% pour Renaissance, dirigé par Gabriel Attal , fraîchement déclaré candidat à la présidentielle.
Les deux anciens Premiers ministres se retrouvent ainsi en concurrence directe, avec la perspective d'un retrait du moins bien placé début 2027 si le risque d'un second tour RN-LFI se précise.
Édouard Philippe semble cependant avoir à ce stade les faveurs de l'ancien électorat Macron. Lorsque les électeurs potentiels sont interrogés sur leur niveau de satisfaction en cas de victoire finale, le maire du Havre devance Gabriel Attal dans les quatre groupes identifiés.
Sur le fond, la majorité des "héritiers" refuse la continuité: 57% souhaitent "réformer la société française en profondeur". La stratégie du rempart – voter centriste pour faire barrage au RN ou à Jean-Luc Mélenchon – ne suffit plus, y compris dans ce noyau dur, explique Antoine Bristielle, auteur de l'étude et directeur de l’Observatoire de l'opinion à la Fondation Jean-Jaurès.
Chez les "tentés par la droite", le glissement se joue sur les questions identitaires: 67% jugent que maîtriser l'immigration sera déterminant dans leur vote et 70% estiment qu'il y a "trop d'immigrés en France".
Les "tentés par la gauche" glissent vers le centre-gauche sur les questions sociales et environnementales. Urbains et diplômés, ils sont 59% à placer la préservation de l'environnement parmi leurs priorités.
Chez les "désabusés", 51% se déclarent insatisfaits du bilan d'Emmanuel Macron .
L'étude s'appuie sur l'enquête électorale Ipsos pour la Fondation Jean-Jaurès, Le Monde et le Cevipof, réalisée auprès de plus de 11.000 Français, principalement sur la vague d'avril 2026.
