La Répression des fraudes (DGCCRF) frappe Shein avec une amende record pour non-respect des règles relatives à l’information du consommateur. De son côté, la marque chinoise conteste cette sanction
La France veut encore attaquer Shein. Malgré une bataille judiciaire remportée contre le gouvernement français , les régulateurs ont gardé dans leur radar la plateforme de e-commerce chinoise.
Celle-ci a d’ailleurs multiplié les scandales après que Shein a commercialisé des poupées sexuelles à caractère pédopornographique. Pour le ministre du commerce, Serge Papin, au journal Le Figaro : « Depuis la découverte de ces poupées, nous avons décidé de ne pas laisser ces plateformes tranquilles et nous continuerons jusqu’à ce qu’ elles changent totalement leurs pratiques, ou désertent le marché ».
C’est donc ce mercredi 3 juin, que la DGCCRF a frappé un grand coup avec une amende à 22,4 millions d’euros. Concrètement, cette sanction financière s’attaque à deux institutions. Tout d’abord, la ISSL, c’est l’entreprise qui gère le site du géant asiatique, dont l’amende atteint 16,7 millions d’euros pour manquement, l’an dernier, à l’obligation de transmettre aux consommateurs des informations clés comme le nom du vendeur, le prix du produit ou les délais de livraison dans les mails de confirmation des commandes.
En ce qui concerne l’autre institution touchée, c’est la ISEL, la société responsable des ventes des produits de la marque Shein, qui écope d’une amende de 5,7 millions d’euros pour la politique de retour de certains produits. La DGGCRF estime que la distinction entre le droit de rétraction de 15 jours et la politique commerciale plus avantageuse (45 jours) ne visant pas lesdits produits n’était pas suffisamment claire pour les consommateurs.
Pour un porte-parole de Shein, « les consommateurs disposaient de toutes ces informations sur le compte client accessible sur le site internet. Ce qui nous interpelle particulièrement, c’est que l’autorité avait connaissance de nos e-mails depuis plus d’un an, a choisi de ne pas nous en informer comme cela aurait normalement été le cas afin d’infliger la sanction la plus élevée possible ».
« Shein conteste ces sanctions administratives. Elle les considère comme manifestement disproportionnées et discriminatoires », poursuit le représentant du groupe au journal Le Figaro . En juillet dernier, Shein avait déjà accepté de payer une amende de 40 millions d’euros après une enquête de la DGGCRF pour des pratiques commerciales trompeuses à l’égard des consommateurs.
