Derrière le succès du plan fibre, certains des groupements publics créés pour connecter les zones rurales voient leurs coûts exploser. Un bras de fer entre les communes, les opérateurs et l’Etat se profile.
Rien ne vaut le travail de terrain. Et pour rassurer les élus locaux, Anne Le Henanff n’a pas peur d’aller au contact. Fin avril, près de Tarbes, la ministre déléguée chargée du Numérique a échangé avec plusieurs d’entre eux qui s’interrogeaient sur les conséquences concrètes de l’extinction du cuivre pour les habitants. En décembre dernier, c’est dans le Nord qu’elle a dû faire face aux mêmes interrogations : inquiétudes pour les plus âgés et accompagnement des entreprises locales.
Sur le papier, la France est presque prête : 95 % des locaux sont aujourd’hui raccordables à la fibre . Mais plus de 2,6 millions de prises doivent encore être construites, selon l’Observatoire de la transition numérique des territoires. Car le décompte est lancé. Depuis le 31 janvier 2025, l’extinction progressive du cuivre est officiellement engagée et Orange prévoit de fermer l’ensemble des lignes d’ici à la fin 2030.
De quoi inquiéter les réseaux d’initiative publique (RIP), ces projets financés par les collectivités pour amener la fibre dans les zones rurales ou peu denses, là où les opérateurs privés jugent les investissements insuffisamment rentables. Le processus est bien rodé : la collectivité lance un appel d’offres, puis confie le déploiement à un opérateur d’infrastructure comme Orange Concessions ou XpFibre pour SFR . Une fois les raccordements créés, les grands réseaux – Orange, Bouygues Telecom , Free, SFR – commercialisent leurs offres et versent une redevance pour amortir les coûts de construction et assurer la maintenance.
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