Le Premier ministre Sébastien Lecornu le 14 octobre 2025 à Matignon - STEPHANE MAHE / POOL / AFP
Sébastien Lecornu se rendra à la prison de haute sécurité de Vendin-Le-Vieil (Pas-de-Calais) vendredi 5 juin pour y présenter un "plan" marquant une "nouvelle phase" et un "changement d'échelle" de l'action de l'État face à la menace que représente la criminalité organisée , a annoncé Matignon ce jeudi.
Ce déplacement intervient dans le prolongement de la réunion il y a une semaine du premier comité interministériel de lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic, lors duquel le Premier ministre avait jugé "insuffisantes" les propositions de ses ministres. "Le compte n'y est pas", avait-il dit.
Sébastien Lecornu avait alors indiqué, selon son entourage, que Matignon allait "s'investir dans le dossier" pour épauler davantage ses ministres Laurent Nuñez (Intérieur) et Gérald Darmanin (Justice), qui l'accompagneront dans le Pas-de-Calais, ainsi que leurs collègues Édouard Geffray (Education) et Stéphanie Rist (Santé) car le sujet comporte également "des enjeux de santé publique, d'éducation, de jeunesse", a précisé Matignon.
Après des réunions d'urgence à l'Élysée, l'exécutif entend impliquer l'ensemble du gouvernement pour mener "la guerre" aux narcotrafiquants , dans un contexte de recrudescence des meurtres liés à ces trafics et des délits liés aux cryptomonnaies .
Désireux de "renforcer la cohérence de la réponse de l'État" face à cette menace, le chef du gouvernement par ce déplacement veut marquer "une nouvelle phase de l'action de l'État face au narcotrafic".
Elle comprendra un "volet interministériel" pour assurer une "montée en puissance de l'action publique" et un "volet piloté directement par le président de la République ", qui réunira la semaine prochaine "les autorités compétentes pour traiter des dimensions stratégiques du dossier: renseignement, coopération internationale, plan douanes et protection des frontières, défense, lutte contre les réseaux criminels transnationaux".
En première ligne sur ce dossier, Laurent Nuñez plaidait depuis plusieurs semaines pour une action plus globale, estimant que cette "guerre", comme il la nomme, ne peut pas être menée par son seul ministère.
Depuis le début de l'année, le gouvernement fait face à une succession de meurtres liés à ces trafics, avec une implication croissante de mineurs, en tant que victimes ou auteurs.
La criminalité organisée, désormais marquée par sa "mondialisation", sa "numérisation", son "rajeunissement", et sa "désinhibition", représente un marché économique estimé à plus de sept milliards d'euros par an, selon Matignon.
La consommation de drogues a "doublé en cinq ans", avec au moins cinq millions de consommateurs de cannabis et un million de cocaïne chaque année. Et les mis en cause pour trafic de stupéfiants sont "de plus en plus nombreux": 56.600 en 2025, contre 40.700 en 2016.
