Aller au contenu principal
Toute l'actualité
economievia Challenges··4 min de lecture

« Un instrument de souveraineté dans les paiements » : grâce à CB, la France échappe en partie à la domination de Visa et Mastercard

Personnalités citées :Emmanuel MacronPascal LaulaniePhilippe Laulanie
PartagerXLinkedInWhatsAppEmail

Le contexte

La France a développé un système de paiement national, le Groupement des cartes bancaires (CB), pour réduire sa dépendance vis-à-vis des réseaux de paiement américains comme Visa et MasterCard. Ce système a été mis en place en 1984 et est considéré comme un instrument de souveraineté économique. La question de la souveraineté dans le domaine des paiements est devenue cruciale dans le contexte des tensions géopolitiques actuelles entre l'Europe et les États-Unis.

Ce qu'il faut retenir

Emmanuel Macron a souligné l'importance de la souveraineté économique lors d'une conférence sur le Groupement CB. Le système CB permet aux Français de réaliser des paiements sans passer par les réseaux américains, couvrant près de 80 % des transactions en France. Le co-badging des cartes permet d'utiliser le réseau CB tout en conservant les logos de Visa et MasterCard. Les banques françaises ont intégré CB dans des systèmes de paiement mobile comme Apple Pay, et un projet de portefeuille numérique, Wero, a été lancé pour faciliter les paiements transfrontaliers.

Ce que ça change

Le développement du système CB renforce l'autonomie de la France en matière de paiements et réduit la vulnérabilité face aux sanctions américaines. Cela pourrait également influencer la manière dont les transactions sont gérées en cas de crise, en offrant une alternative aux systèmes de paiement dominés par les États-Unis. Ce modèle pourrait servir de référence pour d'autres pays cherchant à établir leur propre souveraineté économique.

L'article complet

Source originale sur challenges.fr

Grâce à son groupement de cartes bancaires, la France peut se passer de Visa et MasterCard pour les paiements sur son territoire. Mais l’indépendance n’est pas totale.

Peut-on se passer des Etats-Unis en matière de paiements ? Pas complètement. « Le paiement n’est pas un détail technique de la vie économique, c’est le dernier kilomètre de la souveraineté économique », a déclaré Emmanuel Macron lors d’une conférence organisée par le Groupement des cartes bancaires (CB), le 31 mars dernier. Les Européens sont sensibilisés depuis longtemps à la souveraineté dans le domaine alimentaire , pharmaceutique, militaire, mais il y a urgence à ce qu’ils comprennent que leur dépendance aux réseaux américains de paiements les met en péril, à l’heure où les tensions entre l’Europe et les Etats-Unis atteignent un niveau inédit. « Le paiement est une filière stratégique qui doit être traitée comme telle », a ainsi martelé le président de la République.

Les Français sont mieux lotis que la plupart des Européens, grâce à la création en 1984 du Groupement CB : « Cette longueur d’avance nous est spécifique, comme notre filière nucléaire ; elle est liée à l’invention de la carte à puce mais aussi à la volonté affichée à l’époque par les pouvoirs publics de se doter d’un instrument de souveraineté dans les paiements », explique Pascal Laulanie, directeur général du réseau CB.

La clé de cet affranchissement réside dans le co-badging : l’apposition du logo CB sur les cartes bancaires, aux côtés de ceux de Visa ou MasterCard, permettant aux transactions de passer par le réseau hexagonal et non par l’infrastructure américaine. « Après quelques années de perte de vitesse, nous sommes en train de retrouver nos parts de marché historiques grâce au paiement mobile et à l’arrivée de nouveaux membres comme Fortuneo ou Hello bank ! » , se félicite Philippe Laulanie.

Toutes les banques françaises ont intégré CB dans Apple Pay en 2025. En France, CB couvre ainsi près de 80 % des transactions sur le territoire. En Europe, ses parts de marché atteignent 20 %, contre 60 % pour Visa et MasterCard, et 40 % dans les pays ayant développé un système équivalent garant de souveraineté. Ils sont au nombre de cinq : Allemagne, Italie, Belgique, Portugal, Danemark.

En dehors de l’Union européenne, certains comme la Turquie et Australie, ont rendu obligatoire un système équivalent. Les autres restent dépendants des Américains, et de ce fait vulnérables si ces fournisseurs de services venaient à leur être interdits d’accès.

Si l’Europe de la monnaie et des virements (système SEPA) a été construite, ce n’est pas le cas de l’Europe des paiements. En attendant une généralisation du co-badging , les banques se sont associées dans un projet de portefeuille de paiement numérique baptisé Wero, qui permet des virements instantanés de compte à compte. Objectif : pallier l’angle mort constitué par les paiements transfrontaliers ou ceux effectués par les Français lors de leurs déplacements à l’étranger, encore dépendants de Visa et MasterCard. Le groupe BPCE (Banque populaire, Caisse d’épargne) le propose à ses clients dès ce mois de mai.

Un complément utile au modèle CB, ce dernier, selon Pascal Laulanie, « apportant la résilience dont les citoyens ont besoin en temps de guerre ». Il permet ainsi un traçage des transactions qui peut se révéler précieux : « Cela a été le cas notamment lors de la crise du lait infantile contaminé, lorsqu’il s’est agi de retrouver les acheteurs de ces produits pour les prévenir de leur dangerosité, et cela pourrait l’être aussi dans des affaires de terrorisme. En outre, CB est un modèle hybride, pas seulement digital : il permettrait, en cas de cyberattaque , de tenir quelques jours grâce au support physique de la carte. »

Dans des cas extrêmes de conflictualité en revanche, le modèle trouve ses limites. Le juge Nicolas Guillou, placé sous sanctions américaines , ne pourrait probablement espérer se tourner vers CB. « Nous sommes ici dans une zone grise », reconnaît Philippe Laulanie. La banque qui accepterait une transaction avec une carte co-badgée Visa ou MasterCard se mettrait en risque en raison de l’extraterritorialité du droit américain. Une disposition légale à laquelle BNP Paribas avait été confrontée il y a une douzaine d’années en devant payer 8,8 milliards de dollars pour avoir violé des embargos décrétés par Washington et en exprimant ses « regrets » à l’administration américaine. Sachant que le juge français exerçant à la Cour pénale internationale est assimilé par Donald Trump à un terroriste ou un narcotrafiquant, il y a de quoi faire réfléchir.

Le Jeanbrun dans l’ancien en passe d’être sauvé

Comment Donald Trump a privé un juge français de ses accès numériques

CNews en crise : pourquoi Pascal Praud perd des téléspectateurs

Texte extrait depuis l'article original sur challenges.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur challenges.fr.

Newsletter quotidienne · gratuite · sans pub

Le brief politique du matin

L'actu politique française en 3 min, sans pub ni bullshit. Vulgarisations sourcées, articles agrégés des 35 grands médias FR — chaque matin à 7h.

  • Lois du jour vulgarisées (contexte, à retenir, ce que ça change)
  • 5 articles politiques marquants, sourcés
  • Aucune pub, aucune revente, désinscription en 1 clic
Fréquence

Sans publicité. Sans revente. Désinscription en 1 clic.

Le résumé semble incorrect ou orienté ? Signalez-le via le formulaire de contact — Civiqo applique une politique de neutralité stricte : nos règles éditoriales bannissent tout vocabulaire évaluatif et toute affirmation non sourcée.