Une commission locale a émis un avis défavorable à l'expulsion de France du militant palestinien Ramy Shaath, visé par cette procédure car il représente selon les autorités une « menace grave pour l'ordre public », ont indiqué ses avocats à l'AFP.
La préfecture peut désormais décider ou non d'expulser le fils de l'ex-ministre et négociateur palestinien Nabil Shaath, qui réside en France depuis 2022, est marié et père d'une fille qu'il a eue avec son épouse française.
Keffieh autour du cou – qu'il a dû retirer pour l'audience à la demande des policiers –, le militant de 55 ans est sorti de la petite salle du tribunal judiciaire où se tenait l'audience l'air soulagé, sous les vivats des nombreuses personnes venues le soutenir, ont constaté des journalistes de l'AFP. « Je suis heureux aujourd'hui, nous avons eu une décision symbolique de la commission », qui a estimé qu'il n'avait « jamais été un danger », s'est félicité Ramy Shaath devant la presse et ses soutiens à la sortie du tribunal de Nanterre, près de Paris.
Figure de la révolution de 2011 en Égypte, le militant y avait été détenu 900 jours, entre 2019 et 2022, accusé d'avoir fomenté des « troubles contre l'État », avant d'être libéré et remis à la France , notamment après que le président Emmanuel Macron a plaidé son cas auprès des autorités égyptiennes.
Pendant un peu moins d'une heure et demie d'audience, les griefs de la préfecture des Hauts-de-Seine se sont opposés aux arguments de ses avocats. La représentante de la préfecture a reproché à Ramy Shaath ses liens avec plusieurs collectifs et associations militant pour les droits des Palestiniens en France , dont Urgence Palestine qu'il a cofondée, ainsi que ses propos lors de plusieurs manifestations publiques.
Par exemple, dit-elle, en novembre 2023, « M. Shaath a tenu des propos dans lesquels il dénonçait les "terroristes" israéliens qui bombardent les maisons et les hôpitaux et veulent vider la bande de Gaza [et a dit que] le Hamas a fait acte de résistance bien qu'il soit reconnu comme un groupe terroriste ».
Cette tentative d'expulsion est « une sanction de la liberté d'expression » de son client, a répliqué Me Damia Taharraoui, l'une de ses avocates. La préfecture « instrumentalise votre commission et essaye d'obtenir de cette procédure administrative ce qu'elle sait qu'elle ne peut obtenir sur le plan judiciaire », a pour sa part argué Me Nicolas de Sa-Pallix, son autre conseil.
Une enquête ouverte pour apologie à la suite des propos tenus lors d'une manifestation de novembre 2023 a en effet été classée sans suite en octobre 2024.
