Aluminium Bahrain a confirmé ce mardi 2 juin son rachat d’Aluminium Dunkerque pour « environ 2,2 milliards de dollars » . Le groupe de métallurgie moyen-oriental a assuré que l’opération n’aurait pas d’effet sur l’emploi dans le site de son homologue français.
Aluminium Dunkerque s’apprête à passer sous pavillon moyen-oriental. Aluminium Bahrain (Alba), l’une des plus grandes entreprises de métallurgie au monde, a en effet confirmé ce mardi 2 juin, dans un communiqué, l’acquisition du groupe français pour « environ 2,2 milliards de dollars » . L’accord entre le fonds d’investissement américain American Industrial Partners (AIP), actuel propriétaire d’Aluminium Dunkerque, et l’industriel de Bahreïn a été signé lundi en marge du sommet Choose France organisé à Versailles.
« Une fois la transaction finalisée, Alba acquerra 100 % d’Aluminium Dunkerque dans le cadre d’une opération d’environ 2,2 milliards de dollars, qui sera entièrement financée par un consortium de banques partenaires d’Alba » , indiquent les entreprises dans le communiqué.
Par ailleurs, un « protocole d’accord entre Alba et Bpifrance » prévoit un investissement de 100 millions d’euros par la banque publique dans l’opération, représentant une participation de 6 % dans Aluminium Dunkerque, précisent les deux sociétés.
Bpifrance détiendra également un siège au conseil d’administration de la société holding d’Aluminium Dunkerque. « Avec tout ce qu’on dit sur la souveraineté économique, sur les matières premières, on est contents qu’il y ait un regard de l’Etat français » au conseil d’administration d’Aluminium Dunkerque via Bpifrance, s’est réjoui auprès de l’AFP Johan Vlietinck, délégué CGT de l’entreprise.
Aluminium Dunkerque, ancien fleuron de l’ex-groupe industriel français Pechiney , exploite dans le nord de la France un important site produisant 300 000 tonnes d’aluminium par an et emploie environ 750 personnes. Alba a assuré que le rachat n’aurait pas d’impact sur l’emploi dans le site de Dunkerque, s’engageant à y déployer « une stratégie industrielle de long terme » .
Une bonne nouvelle pour les salariés d’Aluminium Dunkerque, alors que les syndicats du groupe s’étaient montrés inquiets lorsque l’annonce d’une possible mise en vente avait fuité fin 2025 . L’Etat français avait alors annoncé qu’il serait « vigilant » sur les éventuels repreneurs.
Le site était tombé en 2021 dans l’escarcelle d’AIP après que son précédent propriétaire, le conglomérat de l’homme d’affaires indien Sanjeev Gupta, n’avait pas honoré des échéances de dette.
Fin mai, Bruxelles avait donné son feu vert au rachat du groupe français, estimant que l’opération ne réduirait pas la concurrence sur le marché européen, « compte tenu de la position de marché combinée limitée des deux entreprises résultant de l’opération » , selon l’exécutif européen.
Créée en 1971, la société Alba produit 1,6 million de tonnes d’aluminium par an. Pour l’entreprise, cette acquisition « représente également une étape stratégique vers la construction d’une plateforme industrielle internationale plus diversifiée et plus compétitive » , selon le communiqué.
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