Longtemps resté dans l’ombre de Thomas Pesquet, l’astronaute réserviste français voit son horizon s’éclaircir. Sélectionné pour une future mission spatiale en 2027, ce pilote militaire de 30 ans pourrait bientôt devenir le prochain Français à quitter la Terre
Il y a encore un an, Arnaud Prost se montrait prudent. « Je ne suis pas certain d’aller un jour dans l’espace, mais je suis assez optimiste », confiait-il alors.
Depuis, les perspectives ont considérablement changé. Selon les annonces faites lundi par Emmanuel Macron, l’entreprise américaine Vast a conclu un accord avec la France pour deux futures missions spatiales impliquant Thomas Pesquet et Arnaud Prost.
Pour ce dernier, l’événement marque une étape décisive. Car derrière la figure médiatique de Thomas Pesquet se dessine désormais un autre parcours d’exception, celui d’un jeune officier français dont le rêve d’enfance semble sur le point de devenir réalité.
Originaire de Marseille, Arnaud Prost cumule des qualifications rares. Diplômé de l’École polytechnique, ingénieur de l’armement, titulaire d’un master en astrophysique et sciences de l’espace, il est également pilote de chasse, plongeur professionnel et ingénieur spécialisé dans les essais en vol.
Après avoir travaillé sur des équipements destinés à l’entraînement des astronautes, il rejoint l’Armée de l’air et de l’espace. Affecté à la Direction générale de l’armement à Istres sur le Rafale, se spécialisant dans le combat aérien, les interfaces homme-machine et les opérations en haute altitude, il rejoint la base aérienne d’Avord, dans le Cher, où il pilote des avions de surveillance Awacs et se spécialise dans les opérations complexes en haute altitude et les systèmes aéronautiques de pointe.
Son parcours l’amène également à participer à plusieurs projets spatiaux, notamment autour de la mission martienne « Mars 2020 » de la Nasa.
En 2022, sa carrière prend une dimension nouvelle lorsqu’il est retenu par l’Agence spatiale européenne (ESA) pour intégrer sa réserve d’astronautes. Sur 22 500 candidats européens, seuls quelques profils sont sélectionnés.
Durant près de deux années, Arnaud Prost suit un entraînement exigeant aux côtés des astronautes de l’ESA. Il participe notamment au programme PANGAEA, une formation de terrain destinée à préparer les futures explorations de la Lune et de Mars.
En mai dernier, il a achevé sa formation de base, franchissant une étape indispensable pour prétendre à une affectation opérationnelle.
Selon les informations communiquées par Vast, la mission envisagée pour Arnaud Prost pourrait se dérouler à bord de Haven-1, une station spatiale commerciale actuellement en construction.
Pour le Centre national d’études spatiales (CNES), il s’agit d’une perspective inédite. « Cette mission d’astronautes vers une station privée est une première au monde », souligne l’établissement.
Dans le même temps, Thomas Pesquet doit préparer un troisième séjour à bord de la Station spatiale internationale. Avec également Sophie Adenot actuellement en mission dans l’espace, la France disposerait ainsi d’une présence sans précédent au sein du corps des astronautes européens.
Pour Arnaud Prost, surnommé « Bubble » par ses camarades d’escadrille, l’heure n’est plus seulement à l’entraînement. À 30 ans, celui qui incarnait jusqu’ici la relève de Thomas Pesquet apparaît désormais comme l’un des futurs visages de l’aventure spatiale française.
