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justicevia France Info··4 min de lecture

VIDEO. Quand Bruno Retailleau fait d'une fusillade à Poitiers le symptôme d'une "mexicanisation du pays"

Personnalités citées :Bruno RetailleauMarion MaréchalNaïma Zahali
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Le contexte

Le 31 octobre 2024, une fusillade à Poitiers a blessé cinq adolescents, dont un grièvement. Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, a fait des déclarations controversées sur l'incident, évoquant une 'mexicanisation' du pays et des 'narco-racailles'. Ces propos ont suscité des réactions et des critiques, notamment de la part de l'ancienne maire de Poitiers.

Ce qu'il faut retenir

Bruno Retailleau a commenté une fusillade à Poitiers en la liant à un trafic de drogue et à une 'mexicanisation' de la France. Ses déclarations ont été jugées excessives par certains, notamment l'ancienne maire de la ville, qui a dénoncé une instrumentalisation politique. La famille d'une des victimes, Anis, a exprimé son indignation face à l'association de la mort de leur fils à des récits de violence et de trafic. Le procureur a précisé que le nombre de personnes impliquées était largement exagéré par le ministre.

Ce que ça change

Les déclarations de Bruno Retailleau soulèvent des questions sur la manière dont les faits divers sont utilisés dans le débat politique. L'instrumentalisation de la tragédie par des figures politiques pourrait influencer l'opinion publique et les perceptions de la sécurité en France. La réaction de la famille de la victime met en lumière les conséquences émotionnelles et sociales de telles déclarations.

L'article complet

Source originale sur francetvinfo.fr

Le médiateur de l'info France Télévisions

Bruno Retailleau est-il allé un peu trop loin pour défendre ses idées politiques ? Une famille de victime a confié aux journalistes de "Complément d'enquête" s'être sentie blessée par des propos de l'ancien ministre de l'Intérieur, mais aussi instrumentalisée.

Le 31 octobre 2024, une fusillade éclate à Poitiers, dans le quartier des Couronneries. Cinq adolescents qui étaient sortis fêter Halloween sont blessés, dont l'un grièvement. Le lendemain, sur le plateau de BFM TV, le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau décrit une "rixe entre bandes rivales" impliquant "400 à 600 personnes", avec "toutes sortes d'armes". Il certifie que la fusillade serait "liée au trafic de drogue", avec des "narco-racailles [qui] n'ont plus de limites" , avant d'appeler à une "mobilisation générale" contre la "mexicanisation du pays".

L'affaire suscite un emballement médiatique, certaines personnalités politiques s'en emparent. Marion Maréchal (Identités Libertés, proche du RN) s'alarme sur X "d'un gigantesque affrontement d'un demi-millier de narcotrafiquants sur fond de guerre ethnique". Mais pour celle qui était alors maire de la ville, il s'agit tout simplement d'une fake news…

"Il y a une telle disproportion entre ce qui s'est passé et les propos du ministre que c'est grotesque tant ça déforme la réalité."

L'ancienne édile y voit une façon de plaquer un fait divers sur "un récit préexistant" (celui d'une France "mexicanisée", aux mains de cartels de narcotrafiquants), soit "un peu un cas d'école d'instrumentalisation". Selon elle, l'événement, " objectivement grave" avec "plusieurs blessés, un jeune entre la vie et la mort", "ne s'est pas doublé d'un trouble majeur à l'ordre public".

Un attroupement, mais pas d'affrontements, c'est ce que d'autres témoins ont également affirmé à "Complément d'enquête". Le procureur de la République, lui, a précisé le lendemain qu'aucune dégradation n'avait été commise, sans évoquer à aucun moment la présence de 400 à 600 personnes. Il parle d’une "soixantaine de personnes".

Reste que les termes employés par le ministre de l'Intérieur, "narco-racailles", "mexicanisation", "trafic de drogue"... ont blessé une mère en deuil. Anis, l'adolescent de 15 ans touché à la tête, n'a pas survécu, et Naïma Zahali ne supporte pas que sa mort soit associée, à tort selon elle, à une histoire de règlement de comptes alors qu'il était juste sorti pour Halloween avec ses amis. D'après les informations de "Complément d'enquête", il a été établi qu'il n'était impliqué dans aucun trafic. L'auteur présumé du tir qui a atteint Anis serait effectivement un dealer, mais son geste reste pour l'heure inexpliqué.

La famille d'Anis pense que la mort de l'adolescent a été instrumentalisée à des fins politiques, dans un but de "récupération de voix, tout simplement". Sans compter que s'il s'était appelé "Julien ou Guillaume, personne ne dirait 'une narco-racaille', jamais", s'indigne sa mère, lassée de cette " discrimination". Naïma Zahali envisage une action en justice contre Bruno Retailleau pour réhabiliter la mémoire de son fils. Sollicités, ni le parquet de Poitiers, ni la préfecture, ni Bruno Retailleau n'ont répondu aux demandes de "Complément d'enquête". Devant le Sénat, quelques jours après le drame, le ministre a dit s’être appuyé sur un rapport des pompiers selon lequel "une partie" des "400 à 500 personnes" présentes se seraient "livrées à des affrontements", sans revenir pour autant sur ses déclarations initiales .

Extrait de " Bruno Retailleau, en croisade pour l'Elysée ", à voir dans "Complément d'enquête" le 11 juin 2026.

> Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo, rubrique " Les émissions ".

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