Alors que le prix des terres viticoles dégringole toujours, le syndicat agricole appelle les vignerons à se saisir de la Foncière d’avenir en Gironde (FAG), laquelle clôt ses candidatures ce dimanche 7 juin
Il faut sauver les meubles. Dans un contexte de crise viticole toujours très prégnant, en sus des plans d’aide à l’arrachage ou de distillation, un nouvel outil se dessine pour les viticulteurs bordelais : la Foncière d’avenir en Gironde (FAG), une exception dans le paysage agricole français. État, Safer et Région Nouvelle-Aquitaine sont à la manœuvre de ce dispositif,...
Il faut sauver les meubles. Dans un contexte de crise viticole toujours très prégnant, en sus des plans d’aide à l’arrachage ou de distillation, un nouvel outil se dessine pour les viticulteurs bordelais : la Foncière d’avenir en Gironde (FAG), une exception dans le paysage agricole français. État, Safer et Région Nouvelle-Aquitaine sont à la manœuvre de ce dispositif, dans lequel banques et chambres consulaires doivent également mettre la main au portefeuille. Son but premier ? Le rachat à un prix plancher des terres sur lesquelles les vignes ont été arrachées, en voie de l’être ou en friche. Dix millions d’euros vont être amorcés dans un premier temps par l’Établissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine (EPFNA) avant que le capital de la FAG, une fois créée en fin d’année, abonde de 20 millions d’euros. Les viticulteurs ont jusqu’au dimanche 7 juin pour manifester leur intérê t et proposer à la vente leur(s) parcelle(s).
Car le ciel ne s’éclaircit pas pour le vignoble bordelais. Dans son dernier bilan, la Safer observe une nouvelle dégringolade des prix de la vigne dans le Bordelais. À l’échelle du bassin viticole Bordeaux-Aquitaine (Gironde, Dordogne, Corrèze, Lot-et-Garonne), le prix moyen tombe de 23,8 % sur l’exercice 2025 (après une chute de 18,4 % en 2024). Si l’organisme constate un « certain redémarrage du marché au premier semestre » pour les bordeaux et Côtes de Bordeaux, il déplore une dévaluation de « la quasi-totalité des appellations girondines » et un marché des plus prestigieuses « à l’arrêt » : « Les prix sont de 1 700 000 euros/ha en Pauillac (-32 %) et de 800 000 euros/ha en Margaux (-43 %) », note ainsi la Safer.
« La Foncière est une bonne solution pour ceux qui n’en ont plus », résume un viticulteur de l’Entre-deux-Mers, adhérent à la Coordination rurale, dont plusieurs collègues ont candidaté au dispositif. Cet outil d’intervention doit leur permettre « de partir à la retraite en se désendettant ou de diminuer leur surface de production », souligne Dominique Techer, de la Confédération paysanne. Le responsable syndical s’est battu durant des années pour que la FAG voie le jour, tapant aux portes des instances ou des banques pour les convaincre de sa nécessité afin « d’arrêter la spirale descendante sur les valeurs du foncier et du vin ».
« La Foncière permet de fixer un prix plancher pour les terres et d’éviter une grande braderie, insiste le syndicaliste. Le risque d’envolée des liquidations judiciaires pourrait contribuer à une dévaluation de tous les actifs, du foncier comme des stocks. Ce dispositif est donc une opportunité à saisir. S’y inscrire ne vaut pas un engagement ferme mais il n’y aura pas de seconde chance. Et si certains croient encore au rebond, se disent qu’ils se referont la cerise dans deux ans, ils hallucinent… »
On devrait connaître le nombre de candidatures et la surface induite au cours de la semaine prochaine. Pour mémoire, en l’espace de deux ans, entre 2023 et 2025, la Gironde a perdu 17 500 hectares et devrait être amputée de 10 000 supplémentaires cette année.
