En déplacement à Dax dans les Landes, Aurore Bergé, ministre en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé le déblocage de 380 000 euros pour créer 20 places d’hébergement dédiées aux femmes victimes de violence
En venant à Dax ce vendredi inaugurer la Maison des lendemains, la première structure landaise dédiée à la prise en charge pluridisciplinaire des femmes victimes de violences, la ministre Aurore Bergé n’a pas seulement répondu à l’invitation des deux députés Lionel Causse et Geneviève Darrieussecq. Elle a aussi rappelé l’engagement de l’État sur le volet de la lutte contre les violences intrafamiliales, et la promesse faite par le gouvernement de déployer une maison de santé dans chaque département pour accompagner les victimes vers « le jour d’après...
En venant à Dax ce vendredi inaugurer la Maison des lendemains, la première structure landaise dédiée à la prise en charge pluridisciplinaire des femmes victimes de violences, la ministre Aurore Bergé n’a pas seulement répondu à l’invitation des deux députés Lionel Causse et Geneviève Darrieussecq. Elle a aussi rappelé l’engagement de l’État sur le volet de la lutte contre les violences intrafamiliales, et la promesse faite par le gouvernement de déployer une maison de santé dans chaque département pour accompagner les victimes vers « le jour d’après ».
Au centre hospitalier de Dax, l’équipe de Docteur Lhez, déjà à la manœuvre au sein d’unités médico-judiciaires et de l’unité pédiatrique d’enfants en danger, n’a pas hésité à relever le défi. Soins physiques et psychologiques, soutien juridique et social sont ainsi assurés sur un même lieu, pensé et aménagé comme un cocon protecteur. « Il est essentiel que les femmes n’aient pas à franchir dix portes pour être prises en charge, et qu’elles n’aient pas à répéter dix fois le récit des violences », a commenté la ministre.
Si l’initiative est née dans la sous-préfecture des Landes sous l’impulsion de ce médecin engagé, elle pourrait essaimer, comme l’a glissé Geneviève Darrieussecq, envisageant la possibilité d’ouvrir « une antenne plus proche de Mont-de-Marsan, et alentour », notamment en zone rurale « où ces violences intra familiales existent, sont beaucoup plus cachées, et les victimes complètement captives du fait de l’isolement ». Ces structures constituent aussi une réponse aux problématiques de santé mentale des femmes et des enfants dans un contexte de pénurie de médecins psychiatres. « Les tentatives de suicide chez les 10-24 ans ont doublé depuis 2019 », se désole la ministre.
Aurore Bergé n’est pas venue les mains vides : interpellée par le Conseil départemental des Landes sur le manque de places d’hébergement dédiées aux victimes, elle a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 380 000 euros, pour financer la création de 20 logements supplémentaires qui s’ajouteront aux 240 existants. Un arbitrage sera rendu d’ici au 14 juillet pour définir les modalités d’implantation sur le territoire, en fonction des besoins et en concertation avec les élus locaux. Parmi les pistes envisagées, la possibilité de mettre à disposition des logements de fonction vacants, comme les anciens logements des instituteurs. « Une cartographie des locaux disponibles va être lancée dans les communes prêtes à s’engager », a poursuivi la ministre, sans exclure d’autres solutions, comme le regroupement des hébergements au sein d’un même bâti.
Saluant l’implication de l’ensemble des acteurs du territoire, la ministre a décidé d’étendre l’expérimentation du « pack nouveau départ » aux Landes, ce dispositif d’aide financière testé depuis décembre 2023 dans certains départements pour aider les victimes à quitter rapidement le foyer. « Dans 8 cas sur 10, une femme victime de violences est aussi une mère de famille. Et on sait à quel point le fait d’avoir des enfants est à la fois un facteur qui vous fait partir, mais aussi qui vous fait rester », a détaillé Aurore Bergé, ajoutant que « protection des femmes et protection des enfants sont liées ». Une réalité actée dans la loi, qui reconnaît désormais les enfants des victimes comme des victimes à part entière.
Sur la question plus large des violences sexuelles infligées aux enfants, mises tragiquement en lumière par l’actualité récente et la révélation des agressions subies dans le cadre périscolaire à Paris , la ministre a annoncé « la présentation d’ici quelques jours d’une loi renforçant la protection des enfants » pour remédier « aux défaillances généralisées ». Un travail auquel a été associé le ministère de l’Égalité.
Non sans insister sur les difficultés du débat parlementaire parasité par les dissensions politiques, Aurore Bergé a conclu à la nécessité « d’aller au bout des réformes engagées ». Après l’inscription de la notion de non-consentement dans le code pénal, il y a encore du chemin à faire. En ligne de mire, l’intégration du principe du contrôle coercitif dans la loi (les actes répétés d’humiliation, d’isolement, de manipulatif constitutifs d’une emprise), ou l ’instauration de la prescription glissante , mesures qui devraient se concrétiser « avant la fin de l’année », espère la ministre, qui met un point d’honneur, aussi, à enterrer définitivement la notion de devoir conjugal.
