Sous le feu des critiques depuis l’enquête du Monde à son sujet, Xenia Fedorova n’en finit pas d’embarrasser jusqu’au plus haut sommet de l’État . Et ce, notamment, à propos du titre de séjour de la chroniqueuse de CNews, renouvelé pour dix ans en 2024, lorsque Gérald Darmanin était ministre de l’Intérieur, comme l’avait déjà révélé Le Monde en mars 2025.
Interrogé sur les raisons de ce renouvellement sur France Inter ce lundi 1er juin, l’actuel locataire de la place Beauvau Laurent Nuñez a assuré lundi qu’il n’y avait eu aucune « intervention » du gouvernement dans la procédure. « Contrairement à ce qui a été sous-entendu dans un certain nombre de médias, il n’y a pas eu d’intervention » , a-t-il expliqué.
« Il y a des titres qui sont renouvelés de plein droit pour des étrangers qui sont en situation régulière depuis plusieurs années et qui remplissent des conditions. Il s’en délivre tous les jours , a-t-il ajouté. L’administration ne peut pas refuser, sauf à engager un contentieux. »
Pour autant, « ce n’est pas parce qu’un étranger a un titre de séjour que ça le protège d’éventuelles poursuites ou remises en cause dès lors qu’il y a des troubles à l’ordre public ou qu’il y a une menace pour les intérêts fondamentaux de la nation » , a-t-il observé.
Ancienne patronne de la chaîne russe RT en France, interdite dans l’UE depuis mars 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Xenia Fedorova défend régulièrement les positions du Kremlin dans les médias dans le giron de Vincent Bolloré. Elle intervient notamment sur CNews et Europe 1 et signe une chronique dans l’hebdomadaire le JDNews .
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon a récemment pointé les « propos très graves » de Xenia Fedorova, qui « inversent complètement la charge de la preuve sur les responsabilités entre la Russie et l’Ukraine » . Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot l’a aussi qualifiée de « propagandiste » pro-Poutine.
Le président du directoire du groupe Canal+ Maxime Saada, a défendu sa chroniqueuse, en voyant dans sa présence sur CNews un enjeu de « liberté d’expression » . « Je ne crois pas qu’on peut parler d’un agent russe (...), journaliste oui, agent non » , avait-il répondu, interrogé par un actionnaire lors de l’assemblée générale du groupe vendredi. Xenia Fedorova a été aussi soutenue par Arnaud Lagardère, gérant de Lagardère Radio et Gérald-Brice Viret , directeur général de Canal+ France, dans une tribune publiée par Le JDD , autre média dans le giron du milliardaire. « Nous n’approuvons pas forcément chacune de ses positions. En revanche, nous nous opposons à sa délégitimation systématique » , ont-ils écrit.
