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Justice
DéposéProposition de loi ordinaire

Reconnaître, définir et prévenir la victimisation secondaire dans le cadre de la procédure pénale

Où en est ce texte

  1. Étape actuelle : Déposéen attente d'examen
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En clair

Synthèse neutre, factuelle et sourcée

PourquoiLe contexte

La proposition de loi vise à reconnaître, définir et prévenir la victimisation secondaire dans le cadre de la procédure pénale. Ce concept, qui désigne le préjudice additionnel subi par une victime en raison des conditions de traitement au sein du système judiciaire, est de plus en plus intégré dans le droit international. La France a été condamnée pour des faits de victimisation secondaire, soulignant la nécessité d'une définition claire et d'une protection renforcée des victimes. Actuellement, le code de procédure pénale ne mentionne pas explicitement cette notion, ce qui limite la possibilité d'harmoniser les pratiques et de garantir la dignité des victimes.

▸3 sources dans le texte officiel
  1. [1] Exposé des motifs · alinéa 2« La présente proposition de loi vise à reconnaître, définir et prévenir la victimisation secondaire dans le cadre de la procédure pénale. »
  2. [2] Exposé des motifs · alinéa 7« le terme même de « victimisation secondaire » n’y figure pas, ce qui ne permet ni d’en fixer une définition claire, ni d’harmoniser les pratiques. »
  3. [3] Exposé des motifs · alinéa 9« la France a été condamnée pour la première fois pour des faits de victimisation secondaire par la Cour européenne des droits de l’homme. »
QuoiCe que dit le texte

Le texte introduit une définition de la victimisation secondaire dans le code de procédure pénale. Cette définition précise que la victimisation secondaire est un préjudice subi par une victime d'infraction, notamment en cas de violences physiques, sexuelles ou intrafamiliales, résultant de conditions inappropriées lors de son accueil, audition ou prise en charge. Il impose également aux professionnels de la justice de respecter des principes de protection des victimes et de prévenir la victimisation secondaire. De plus, il ouvre la possibilité d'une indemnisation pour les victimes reconnues comme ayant subi une victimisation secondaire.

▸3 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article 1 er · alinéa 2« Constitue une victimisation secondaire tout préjudice psychologique, moral ou matériel subi par une victime d’infraction. »
  2. [2] Article 1 er · alinéa 6« l’ensemble des professionnels y concourant veille à respecter les principes de protection des victimes. »
  3. [3] Article 1 er · alinéa 10« La reconnaissance d’une victimisation secondaire par la juridiction de jugement peut ouvrir droit à réparation. »
Pour quiCe que ça change concrètement

Si le texte est adopté, il introduira une reconnaissance formelle de la victimisation secondaire, permettant aux victimes de demander une indemnisation pour les préjudices subis en raison de conditions inappropriées lors des procédures judiciaires. Les acteurs de la justice devront suivre des formations pour mieux protéger les victimes et éviter des comportements qui pourraient aggraver leur souffrance. Le président d'audience aura des pouvoirs renforcés pour garantir la dignité des débats et prévenir les atteintes à la dignité des victimes.

▸3 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article 1 er · alinéa 7« Sont notamment constitutifs de victimisation secondaire les propos, comportements ou pratiques procédurales excédant les nécessités de la procédure. »
  2. [2] Article 1 er · alinéa 8« les autorités judiciaires, les services d’enquête et les services d’aide aux victimes... veillent à limiter le nombre d’auditions. »
  3. [3] Article 2 · alinéa 1« dont il doit assurer la dignité en rejetant ce qui tendrait à la compromettre. »
ExempleCas concret avant/après

Sophie, victime d'une agression, a dû se rendre à plusieurs reprises au tribunal pour témoigner. Avant l'adoption de ce texte, elle a ressenti une grande détresse à chaque audition, sans soutien adéquat. Avec la nouvelle loi, si elle subit une victimisation secondaire, elle pourra demander une indemnisation pour le préjudice psychologique subi. De plus, le président d'audience devra s'assurer que ses droits sont respectés et que les conditions de son audition ne compromettent pas sa dignité.

▸2 sources dans le texte officiel
  1. [1] Article 1 er · alinéa 2« Constitue une victimisation secondaire tout préjudice psychologique, moral ou matériel subi par une victime d’infraction. »
  2. [2] Article 1 er · alinéa 10« La reconnaissance d’une victimisation secondaire par la juridiction de jugement peut ouvrir droit à réparation. »
Chaque phrase est sourcée et liée à un alinéa précis du texte. Aucune affirmation ne provient d'une source externe ni d'une interprétation politique. Chaque référence renvoie au passage cité, reproduit plus bas sur cette page.

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  • DEMPour · 100 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe DEM a voté pour 13 fois (100 %).

  • DRPour · 100 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe DR a voté pour 13 fois (100 %).

  • EPRPour · 100 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe EPR a voté pour 13 fois (100 %).

  • HORPour · 100 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe HOR a voté pour 13 fois (100 %).

  • LIOTPour · 100 %

    Sur les 12 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe LIOT a voté pour 12 fois (100 %).

  • UDRPour · 100 %

    Sur les 7 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe UDR a voté pour 7 fois (100 %).

  • RNPour · 85 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe RN a voté pour 11 fois (85 %).

  • ECOSPour · 77 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe ECOS a voté pour 10 fois (77 %).

  • SOCPour · 77 %

    Sur les 13 textes déposés par le groupe HOR déjà votés à l'Assemblée, la majorité du groupe SOC a voté pour 10 fois (77 %).

Passages cités dans le texte officiel

Les alinéas sur lesquels s'appuie la synthèse ci-dessus, reproduits à l'identique. Le texte complet (2 articles) est dans l'onglet « Le texte ». Texte intégral sur assemblee-nationale.fr

  1. Exposé des motifs

    Alinéa 2La présente proposition de loi vise à reconnaître, définir et prévenir la victimisation secondaire dans le cadre de la procédure pénale.
    Alinéa 7Le droit français a déjà intégré certaines exigences issues de ces standards internationaux. L’article 10‑5 du code de procédure pénale prévoit ainsi une évaluation personnalisée des besoins de protection des victimes. Toutefois, le terme même de « victimisation secondaire » n’y figure pas, ce qui ne permet ni d’en fixer une définition claire, ni d’harmoniser les pratiques.
    Alinéa 9Plus récemment, la France a été condamnée pour la première fois pour des faits de victimisation secondaire par la Cour européenne des droits de l’homme dans sa décision du 24 avril 2025 (L. et autres c/ France). Cette décision rappelle les obligations positives pesant sur l’État en matière de protection de la dignité, de la vie privée et de l’intégrité des victimes, y compris au cours des procédures judiciaires.

    Lire la suite dans le texte officiel

  2. Article 1 er

    Alinéa 2« Art. 10 ‑ 7 . – I. – Constitue une victimisation secondaire tout préjudice psychologique, moral ou matériel subi par une victime d’infraction, en particulier lorsqu’elle a été exposée à des violences physiques, sexuelles ou intrafamiliales, résultant de conditions excédant les nécessités de la procédure, liées à son accueil, à son audition, à son information, à son accompagnement ou à sa prise en charge, lorsque ces conditions sont de nature à :
    Alinéa 6« II. – Dans le cadre des procédures judiciaires pénales et des actes accomplis par les autorités judiciaires ou les services d’enquête, l’ensemble des professionnels y concourant veille à respecter les principes de protection des victimes et de prévention de la victimisation secondaire.
    Alinéa 7« III. – Sont notamment constitutifs de victimisation secondaire les propos, comportements ou pratiques procédurales excédant les nécessités de la procédure et présentant un caractère humiliant, culpabilisant, stéréotypé, discriminatoire ou de nature à déconsidérer la victime.
    Alinéa 8« IV. – Les autorités judiciaires, les services d’enquête et les services d’aide aux victimes, ainsi que toute personne concourant à la procédure pénale, veillent à limiter le nombre d’auditions, à adapter leurs pratiques à la vulnérabilité éventuelle de la victime et à garantir un accompagnement respectueux et exempt de toute forme de pression ou de dénigrement.
    Alinéa 10« VI. – La reconnaissance d’une victimisation secondaire par la juridiction de jugement peut ouvrir droit à réparation dans les conditions prévues à l’article 2 du présent code. »
    Lire Article 1 er en entier
    Le sous‑titre III du titre préliminaire du code de procédure pénale est complété par un article 10‑7 ainsi rédigé : « Art. 10 ‑ 7 . – I. – Constitue une victimisation secondaire tout préjudice psychologique, moral ou matériel subi par une victime d’infraction, en particulier lorsqu’elle a été exposée à des violences physiques, sexuelles ou intrafamiliales, résultant de conditions excédant les nécessités de la procédure, liées à son accueil, à son audition, à son information, à son accompagnement ou à sa prise en charge, lorsque ces conditions sont de nature à : « 1° Porter atteinte à sa dignité ; « 2° Aggraver un traumatisme de manière injustifiée ; « 3° Compromettre sa sécurité ou le respect de sa vie privée. « II. – Dans le cadre des procédures judiciaires pénales et des actes accomplis par les autorités judiciaires ou les services d’enquête, l’ensemble des professionnels y concourant veille à respecter les principes de protection des victimes et de prévention de la victimisation secondaire. « III. – Sont notamment constitutifs de victimisation secondaire les propos, comportements ou pratiques procédurales excédant les nécessités de la procédure et présentant un caractère humiliant, culpabilisant, stéréotypé, discriminatoire ou de nature à déconsidérer la victime. « IV. – Les autorités judiciaires, les services d’enquête et les services d’aide aux victimes, ainsi que toute personne concourant à la procédure pénale, veillent à limiter le nombre d’auditions, à adapter leurs pratiques à la vulnérabilité éventuelle de la victime et à garantir un accompagnement respectueux et exempt de toute forme de pression ou de dénigrement. « V. – L’État assure des actions régulières de formation, de sensibilisation et d’information destinées à prévenir la victimisation secondaire, notamment en matière de respect de la dignité, de confidentialité, d’image et de vie privée, conformément aux engagements internationaux de la France, et en particulier à la Convention d’Istanbul et à la directive 2012/29/UE du Parlement européen et du Conseil établissant du 25 octobre 2012 des normes minimales concernant les droits, le soutien et la protection des victimes de la criminalité. « VI. – La reconnaissance d’une victimisation secondaire par la juridiction de jugement peut ouvrir droit à réparation dans les conditions prévues à l’article 2 du présent code. »
  3. Article 2

    Alinéa 1L’article 401 du code de procédure pénale est complété par les mots : « dont il doit assurer la dignité en rejetant ce qui tendrait à la compromettre. »
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