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justicevia Sud Ouest··3 min de lecture

À Marseille, le député insoumis Sébastien Delogu sera jugé dès mardi pour avoir divulgué des informations privées

Personnalités citées :Sébastien DeloguIsidore AragonesYones TaguelmintSamuel Chicha
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Le contexte

Sébastien Delogu est un député insoumis représentant les quartiers nord de Marseille. Il est jugé pour avoir divulgué des informations privées d'un entrepreneur, Isidore Aragones, dans un contexte de tensions sociales liées à un conflit au sein de la société Laser Propreté. Ce conflit a été exacerbé par des tensions politiques et sociales autour du conflit israélo-palestinien.

Ce qu'il faut retenir

Sébastien Delogu sera jugé pour avoir diffusé des documents privés volés à Isidore Aragones, un entrepreneur marseillais. Il risque une peine d'inéligibilité et des sanctions pénales. Delogu a diffusé ces documents sur Instagram, critiquant les liens d'Aragones avec Israël. Il a également été précédemment condamné pour violences aggravées et a porté plainte pour menaces de mort liées à ses positions politiques.

Ce que ça change

Ce procès pourrait avoir des implications sur la carrière politique de Sébastien Delogu, notamment en cas de condamnation. Il soulève également des questions sur la protection des informations privées et le comportement des élus dans un contexte de tensions politiques croissantes en France.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Le député insoumis Sébastien Delogu comparaîtra mardi devant la justice pour avoir diffusé des documents volés à un entrepreneur marseillais sur fond de tensions liées au conflit au Proche-Orient

Sébastien Delogu, député insoumis des quartiers nord de Marseille, sera jugé mardi pour avoir détenu, puis diffusé publiquement, des documents privés volés à un entrepreneur, à qui il reprochait ses liens avec Israël . L’élu risque une peine d’inéligibilité. Son avocat, Me Yones Taguelmint, a indiqué que le député ne se présenterait pas à l’audience, invoquant un « climat très tendu » autour de lui.

Sébastien Delogu a dénoncé récemment plusieurs agressions et menaces le visant. Rappelant que son client « a répondu aux enquêteurs et n’entend pas se cacher derrière l’immunité parlementaire », Me Yones Taguelmint va demander le renvoi du procès. Accusé de recel de biens provenant d’un vol, de divulgation d’informations personnelles permettant d’identifier ou localiser une personne et exposant un risque direct d’atteinte à la personne, ainsi que d’atteinte au secret des correspondances, Sébastien Delogu encourt cinq ans de prison, 750 000 euros d’amende et une peine complémentaire d’inéligibilité.

Les faits remontent au 19 septembre 2024, en plein conflit social dans la société Laser Propreté, en charge du nettoyage de la gare Saint-Charles et du réseau de transports marseillais. Le dirigeant de la société, Isidore Aragones, ex-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) de Marseille, a vu s’introduire dans son bureau des représentants du personnel et des salariés, se plaignant notamment de ne pas percevoir l’intégralité de leurs salaires. À leur départ, il a constaté le vol d’une pochette contenant son passeport, celui de son épouse, un devis pour un voyage à l’étranger et d’autres documents privés.

Cinq jours plus tard, Sébastien Delogu, qui soutenait les grévistes, a diffusé sur son compte Instagram « une grande partie des documents dérobés à Isidore Aragones, évoquant ses liens avec l’État d’Israël, ainsi que ses projets financiers personnels », selon le parquet. Dans ses messages, Sébastien Delogu ironisait sur le coût des voyages d’Isidore Aragones au Brésil et en Israël et des travaux prévus dans une résidence secondaire, évoquant aussi le soutien de l’ex-avocat à l’armée israélienne. Le député des quartiers nord de Marseille s’était fait connaître du grand public en brandissant un drapeau palestinien en séance à l’Assemblée nationale pour dénoncer la situation à Gaza en mai 2024, ce qui lui avait valu une exclusion temporaire de l’hémicycle.

L’avocat d’Isidore Aragones, Me Samuel Chicha, a expliqué que son client attendait « d’être reconnu en qualité de victime ». « Il a reçu des appels malveillants, des menaces, cette histoire l’a poursuivi », a-t-il ajouté. Isidore Aragones a témoigné : « je vis dans la peur depuis deux ans, tous les matins quand je prends ma voiture, je regarde d’abord tout autour ». « Quand on connaît ses followers, il m’a mis une cible dans le dos, c’est inacceptable », a-t-il déploré, estimant qu’un homme avec un tel comportement « ne peut pas représenter la nation ».

Me Yones Taguelmint rappelle que les faits reprochés à Sébastien Delogu s’inscrivent dans « un contexte précis » : le 19 septembre 2024, avant les événements au siège de Laser Propreté, la fille d’Isidore Aragones, avocate au barreau de Marseille, avait apostrophé Sébastien Delogu et Manuel Bompard à la terrasse d’un café, une altercation filmée et diffusée sur les réseaux. « Vos bipeurs n’ont pas sonné ? », avait demandé Anouck Aragones, en référence aux explosions d’appareils électroniques au Liban survenues deux jours plus tôt. L’avocate s’était revendiquée « sioniste » avant de demander : « l’antisémitisme, ça se soigne ? ».

Sébastien Delogu a déjà été condamné en 2025 pour « violences aggravées » à l’encontre de deux cadres de l’Éducation nationale en marge d’un blocus lycéen en 2023 à Marseille. Fin mai, il a porté plainte contre un homme qui l’aurait insulté, agressé et menacé de mort, lui reprochant ses positions contre le gouvernement israélien. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête. Candidat malheureux à la mairie de Marseille, Sébastien Delogu a été ciblé durant la campagne des municipales par une campagne « d’ingérence numérique » dans laquelle seraient impliquées des officines israéliennes, selon une source informée, confirmant des informations parues dans les quotidiens « Libération » et « Haaretz ».

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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