Au RN, on compte les jours. À moins d’un mois de la décision de justice de la cour d’appel dans l’affaire des assistants parlementaires du FN, la campagne présidentielle du parti d’extrême droite est suspendue à cette date. Car à la fin, leur candidat, ce sera elle, ou lui.
Le temps peut paraître long pour les cadres du RN, qui doivent jongler entre les deux potentiels candidats, Marine Le Pen pour le plan A, et Jordan Bardella, pour le plan B. Le tout en assurant que la première reste la candidate naturelle mais que le second sera tout aussi bon le cas échéant, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.
Alors que les prises de parole de l’un et de l’autre sont plus scrutées que jamais, les écarts du président du RN avec la ligne historique de Marine Le Pen donnent aussi du fil à retordre aux cadres du parti. Des prises de tête notamment sur le sujet de la réforme des retraites qui a fait ressurgir les tensions entre « marinistes » et « jordaniens » .
Jordan Bardella a en effet glissé début mai à la presse allemande que son parti était « en train d’examiner la question » d’un relèvement de l’âge légal de départ en retrait e. Une pierre dans le jardin de Marine Le Pen, qui maintient mordicus sa promesse de revenir à 62, voire 60 ans - avec 40 à 42 années de cotisation. « Le programme est le même que celui de 2022, en l’état » , a tenté de rectifier la triple candidate à l’Élysée. Mais son cadet n’en démord pas : « L’âge légal ne veut rien dire, ce qui compte c’est la durée de cotisation » .
Depuis, les cadres du parti s’échinent à répéter sur les plateaux télé qu’il n’y a jamais eu deux lignes au sein du parti, et que Jordan Bardella et Marine Le Pen ne sont « pas des clones », mais presque. « Tout va très bien , » assurait encore sur RTL le porte-parole du parti Jean-Philippe Tanguy ce vendredi 12 juin. « Vous pouvez continuer à chercher, il n’y a pas de dissensions , » s’agaçait au même moment Laurent Jacobelli sur TF1.
Ce vendredi 12 juin, Marine Le Pen, Jordan Bardella et leurs gardes rapprochées doivent d’ailleurs se retrouver hors de Paris et à l’abri des regards, pour phosphorer sur leur campagne présidentielle. Un point d’étape sans doute moins banal qu’il aurait pu l’être, au vu des dernières semaines.
