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santevia Sud Ouest··3 min de lecture

Addiction aux paris sportifs : un Mondial de foot à hauts risques pour les jeunes

Personnalités citées :Isabelle Falque-PierrotinMyriam SavyEmmanuel DuplessyPascal Chèvremont
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Le contexte

L'addiction aux paris sportifs est un sujet préoccupant en France, particulièrement chez les jeunes. Avec l'augmentation des paris sportifs et des campagnes publicitaires, les autorités et les associations s'inquiètent des conséquences sur la santé mentale des parieurs. La Coupe du monde de football, événement majeur, est perçue comme une période à risque pour les comportements de jeu excessifs.

Ce qu'il faut retenir

En France, 15 % des parieurs sont considérés comme ayant un comportement de jeu excessif. La Coupe du monde de football est une période à risque, avec une augmentation des dépenses publicitaires des opérateurs de paris. Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de l'ANJ, appelle à des restrictions sur la publicité pour protéger les jeunes. Addictions France soutient une proposition de loi pour mieux encadrer le marketing des paris sportifs. Une campagne de prévention de Santé publique France a été retardée en raison d'une ingérence gouvernementale.

Ce que ça change

Cet article met en lumière les enjeux de santé publique liés aux paris sportifs en France, en particulier pour les jeunes. Les appels à une régulation plus stricte du marketing des paris pourraient influencer les futures législations et la manière dont les opérateurs de paris interagissent avec le public. La situation soulève des questions sur la responsabilité des opérateurs et du gouvernement dans la protection des citoyens contre les risques d'addiction.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

En France, les parieurs dont le jeu est excessif sont évalués à 15 % des parieurs, soit trois fois plus que sur l’ensemble des jeux d’argent

Evènement festif planétaire, la Coupe du monde de foot qui démarre jeudi en Amérique du Nord est une période à hauts risques d’addiction aux paris sportifs pour les jeunes et les joueurs excessifs, cible du puissant marketing des opérateurs tels que Winamax ou Unibet, estiment des associations et experts.

En France, les parieurs dont le jeu est excessif (incapacité à s’arrêter de jouer ou à jouer moins malgré des conséquences négatives) sont évalués à 15 % des parieurs, soit trois fois plus que sur l’ensemble des jeux d’argent. Or ceux-ci « peuvent se retrouver particulièrement ciblés » par le marketing des opérateurs sportifs, qui dépenseront cette année 785 millions d’euros de publicité, pour moitié sur le digital, un « montant en hausse de 25 % », a déclaré Isabelle Falque-Pierrotin, présidente du gendarme des jeux, l’Autorité nationale des jeux (ANJ), jeudi dernier au Parisien.

Pour elle, la Coupe du monde de foot est une « période à risques », avec une « promotion des paris de plus en plus efficace » qui mêle influenceurs, publicités, conseillers en paris, bonus… soulignait-elle, affirmant souhaiter, comme au Royaume-Uni, une interdiction de la publicité « dans une période allant de cinq minutes avant à cinq minutes après » la fin d’un match, afin de protéger les mineurs. Une mesure très insuffisante, dit Myriam Savy, responsable du plaidoyer chez Addictions France, pour qui cette interdiction doit aller de « une heure avant et une heure après » les matchs, sur les réseaux sociaux et à la télévision. « Il faut aussi interdire le sponsoring, qui n’est pas considéré comme de la publicité par l’Arcom, avec lequel les opérateurs se rendent visibles partout », instillant l’idée que « le pari sportif fait partie de l’expérience du sport, ce qui les banalise », dit-elle.

Selon les études, huit jeunes sur dix âgés de 15 à 17 ans, se déclarent exposés à la publicité pour les paris sportifs, via les médias traditionnels, télévision, radio, mais aussi les réseaux sociaux et les points de vente. M6 et beIN Sports, diffuseurs de l’événement, ainsi que l’AFJEL qui regroupe les opérateurs (Winamax, Betclic, NetBet, Vbet…) ont annoncé s’abstenir de faire de la publicité pendant les « pauses fraîcheur » des matchs. « Mais ils n’ont pas annoncé cesser la publicité via des influenceurs, envoyer des notifications pour inciter à jouer ni supprimer les gratifications financières », pointe Myriam Savy, ajoutant : « C’est normal : 60 % de leur chiffre d’affaires, provient des joueurs excessifs » selon l’ANJ.

Sollicité, Unibet (FDJ, Française des jeux) a fait valoir être le seul opérateur à consacrer 10 % de ses investissements publicitaires à des campagnes de prévention du jeu excessif. Winamax a répondu ne pas vouloir s’exprimer sur le sujet. Pour le sociologue Thomas Amadieu, « l’industrie responsable des dommages se présente comme la solution au problème, pour repousser une régulation plus protectrice des joueurs ». Addictions France soutient la proposition de loi portée par le député écologiste Emmanuel Duplessy visant à mieux encadrer le marketing des paris sportifs. Avec des « mises multipliées par trois en seulement cinq ans », « il est urgent d’agir contre le matraquage publicitaire », a-t-il déclaré mardi devant les députés.

Autre source d’inquiétude : une campagne de prévention de Santé publique France, destinée à être diffusée en amont de l’événement, en mai, est restée dans les cartons, ont déploré les syndicats de l’agence sanitaire, pointant une « ingérence des services du Premier ministre » alors qu’une réforme de la communication pilotée par le gouvernement est en cours. Selon une source proche du dossier, ces services n’ont pas encore validé cette campagne. Addictions France s’inquiète en outre de voir Pascal Chèvremont, ancien lobbyiste du secteur alcoolier - il fut délégué général des Brasseurs de France -, proposé par l’Élysée pour succéder à Isabelle Falque-Pierrotin, dont le mandat s’achève, à la tête de l’ANJ, le gendarme des jeux.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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