Libérés, presque délivrés. Alors qu’une vague d’inquiétude a déferlé à travers le monde début mai après une série de décès de personnes contaminées par un hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius , une large partie des Français qui craignaient d’y avoir été exposés vont pouvoir sortir de leur isolement contraint ce samedi 6 juin.
Comme le ministère de la Santé l’a annoncé à RMC , jeudi 4 juin, 22 cas contacts qui étaient hospitalisés depuis le 11 mai ont été testés négatifs une ultime fois. Ils vont pouvoir rentrer chez eux, au terme d’une quarantaine à l’hôpital décrétée par les autorités sanitaires . Ces personnes risquant d’avoir été exposées avaient dans un premier temps été invitées à s’isoler à leur domicile, avant que des mesures contraignantes à l’hôpital ne soient finalement décrétées.
Il s’agit de touristes qui avaient été en contact au mois d’avril avec une voyageuse néerlandaise à l’époque symptomatique et qui est décédée par la suite. Nos confrères du Parisien précisent que quatre enfants et adolescents figurent parmi ces 22 ressortissants français, dont huit ont voyagé sur le même vol Sainte-Hélène - Johannesburg que la défunte, et 14 à bord d’un Johannesburg-Amsterdam, dans lequel cette femme n’est que « brièvement » montée.
Au cours de ces trois semaines à l’hôpital, tous ont été suivis et testés régulièrement, sans qu’aucune contamination ne soit jamais détectée. Or au vu de la durée d’incubation des hantavirus, qui peut aller jusqu’à six semaines, il était nécessaire de les garder sous surveillance jusqu’à ce début du mois de juin. Ce samedi marque en effet le 42e jour depuis la dernière exposition possible, soit la durée maximale durant laquelle le virus aurait pu se manifester.
Pris en charge à proximité de leur lieu de résidence (Paris, Marseille…), tous verront leur retour à domicile « coordonné par les Agences régionales de santé en lien avec le centre de crises sanitaires du ministère de la Santé », a fait savoir ce dernier au Parisien .
Quatre autres Français devront en revanche rester à l’isolement jusqu’au 21 juin, a précisé le ministère de la Santé à l’Agence France presse. Tous ont pris part à la croisière sur le MV Hondius, au contact des personnes qui ont été les premières victimes de l’épidémie. Ils ont donc été exposés plus tardivement que ceux qui vont pouvoir sortir de l’hôpital ce samedi puisqu’ils étaient à bord du navire de croisière jusqu’au 10 mai, jour du débarquement des derniers passagers aux îles Canaries.
À l’occasion de cette étape supplémentaire dans la gestion de l’épidémie et des cas contacts, les autorités sanitaires ont par ailleurs donné des nouvelles de la seule Française qui a, à ce jour, été contaminée. Cette femme, également croisiériste, un temps dans un état très grave après avoir développé de premiers symptômes durant son rapatriement en France, est toujours en réanimation dans un hôpital parisien, mais stabilisée.
Si l’épilogue de l’affaire se précise donc, la réaction très forte des autorités sanitaires françaises ne s’est pas faite sans remous. Plusieurs des cas contacts - dont l’hospitalisation a été fixée par décret - ont en effet contesté les mesures d’isolement devant la justice.
Laquelle a donné raison à l’État français, comme s’en était félicité le Premier ministre Sébastien Lecornu dans un message publié sur X le 26 mai dernier. « La justice a validé la légalité de ces décisions », avait-il annoncé. Tout en reconnaissant que « cette attente (des personnes placées en quarantaine, ndlr) est éprouvante humainement », il affirmait que « relâcher la vigilance maintenant serait irresponsable ». Et de faire primer « le principe de précaution plutôt que le risque de propagation » : « La solidarité d’une vingtaine de personnes contribue à protéger 66 millions de Français. »
Sans pour autant réclamer une sortie prématurée de son isolement, l’un des 22 Français, Roland Seitre, a récemment fait part de lassitude à plusieurs journalistes, dont ceux de l’AFP. « Non seulement nous ne sommes pas malades, mais tant que notre sang ne contient aucune trace de virus, nous sommes certains de ne pas risquer la transmission du hantavirus » , a-t-il écrit à nos confrères, expliquant qu’il aurait souhaité un assouplissement des conditions d’isolement.
