Au lendemain de la marche blanche dans le Gers qui a réuni, dimanche, 6 000 personnes autour des parents endeuillés de la jeune Lyhanna, plus de 600 personnes se sont retrouvées, ce lundi 8 juin au soir, au pied des marches du palais de justice de Pau
Recueillement et colère, ce lundi 8 juin, au pied du palais de justice de Pau. Comme dans de nombreuses villes de France, plus de 600 personnes se sont rassemblées pour crier « plus jamais ça », après le fiasco judiciaire qui a conduit à la mort d’une adolescente par un agresseur qui avait dé...
Recueillement et colère, ce lundi 8 juin, au pied du palais de justice de Pau. Comme dans de nombreuses villes de France, plus de 600 personnes se sont rassemblées pour crier « plus jamais ça », après le fiasco judiciaire qui a conduit à la mort d’une adolescente par un agresseur qui avait déjà fait l’objet de plaintes pour viol sur mineurs.
« Nous sommes réunis pour Lyhanna. Mais aussi pour Maylis, Lola, Marion, Grégory, Émile, et tant d’autres », déplore Aurélie Bergerot, présidente de Partageons nos silences, à l’initiative du rassemblement avec le collectif Nous Toutes. Et l’une de ses militantes de rappeler que 91 % des victimes de violences sexuelles sont des femmes, que 54 % de celles-ci sont des mineures, dont essentiellement (81 %) des filles.
Les banderoles et les discours dénoncent « un système qui n’a pas su protéger » ces enfants. Une justice qui peine à croire les victimes. « Aujourd’hui, nous sommes en colère », lance Aurélie Bergerot , dont les plaintes pour des viols par divers agresseurs ont été classées sans suite ou conclues d’un non-lieu.
« Ce qui est arrivé à ces enfants nous oblige à reconnaître que les violences sexuelles prospèrent surtout dans les failles », poursuit Aurélie Bergerot, là pour porter la voix des victimes. « Nous exigeons que la protection des victimes soit une priorité et non une promesse répétée après chaque drame. »
Nous Toutes rappelle qu’une loi intégrale luttant contre les violences sexuelles a été déposée à l’Assemblée nationale par plusieurs associations féministes en 2025. « Cette proposition de loi vise à coordonner l’action de l’État dans les tous les domaines concernés », explique Kiki. Celle-ci est restée, jusque-là, lettre morte.
« C’est l’injustice de trop », lance Gabrielle Colibri à la fin de son slam, après une minute de silence dense, pour Lyhanna… et tous les autres. La foule compacte, avec ici ou là des pancartes témoignant de la colère, ou des roses blanches, entonne alors « Je t’accuse », de Suzane. Un réquisitoire contre la justice chanté poing levé, au pied du palais de justice.
