La mère de la petite Lyhanna est sortie du silence. En écho à la mobilisation nationale historique, elle a tenu à livrer un message d’une immense dignité au milieu de son chagrin
Alors qu’une vague de colère traverse la France, la mère de la petite Lyhanna est sortie du silence. C’est sur le groupe Facebook « Lyhanna 11 ans ! Ni Oublie Ni Pardon ! » , initialement créé pour centraliser les recherches, que cette maman endeuillée a choisi de s’exprimer. En écho à la mobilisation nationale historique, elle a tenu à livrer un message d’une immense dignité au milieu de son chagrin.
Au cœur de la tempête médiatique et judiciaire, la mère de la victime a partagé ces mots poignants, retranscrits ici dans leur intégralité : « Bonsoir, je souhaiterais remercier toutes les personnes qui sont là depuis le début de cet enfer. Je souhaiterais aussi remercier toutes les personnes qui se sont déplacées à la marche blanche pour Lyhanna ainsi que les personnes qui n’ont pas pu se déplacer, mais dont le cœur était à nos côtés, et aussi remercier toutes les personnes qui nous témoignent leur soutien, ça nous touche énormément, merci encore. »
Ce cri du cœur et de gratitude résonne fortement alors que la rue gronde. Lundi soir, environ 60 000 de manifestants se sont rassemblés dans toute la France pour dénoncer le traitement des violences sexuelles et exiger des comptes à l’institution judiciaire. Sur les pancartes des rassemblements, soutenus par de nombreuses associations (dont NousToutes et la Fondation des femmes), on pouvait lire : « Quand un enfant appelle à l’aide, chaque silence est une violence supplémentaire ».
Les témoignages recueillis sur place traduisent une défiance profonde. À Agen, Lori Bess, co-organisatrice d’un rassemblement citoyen inédit d’un millier de personnes, déplore : « La parole des enfants n’est pas du tout prise au sérieux, la justice met beaucoup plus en avant la présomption d’innocence que la parole des victimes. »
À Lyon, le sentiment d’urgence est identique. Virginie Maurin, une infirmière à la retraite de 68 ans, confie son désarroi : « Je suis ici en tant que mamie, car cette situation est intolérable. J’ai peur pour mes petits-enfants. Il y a des grosses failles dans la justice en France. » Face à ce que les collectifs qualifient de « système qui protège davantage les agresseurs », les manifestants exigent désormais l’adoption d’une proposition de loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, déposée fin 2025 mais toujours pas examinée.
