L'ancien Premier ministre Édouard Philippe le 11 avril 2026 à Paris - Ian LANGSDON / AFP
Interrogé sur l'affaire Lyhanna, Édouard Philippe a estimé ce samedi 13 juin que le Parquet devait "rester sous l'autorité" du ministre de la Justice, et a même suggéré de revenir sur une loi de 2013, pour lui permettre de donner des "instructions individuelles".
"Le parquet met en oeuvre la politique pénale, qui est une politique publique" et "doit rester sous l'autorité du garde des Sceaux", a déclaré dans un entretien au Parisien l'ex-Premier ministre, disant soutenir "totalement" le ministre Gérald Darmanin , sous pression.
Le candidat d'Horizons à la présidentielle a surtout jugé que le ministre de la Justice "devrait pouvoir donner des instructions individuelles" aux procureurs. Ce qui reviendrait sur une loi de 2013, portée par l'ex-ministre Christiane Taubira, qui a interdit à la Chancellerie les "instructions individuelles" pour éviter toute ingérence politique dans des dossiers.
La justice s'est retrouvée au coeur des critiques sur les défaillances ayant conduit à la mort de Lyhanna , 11 ans, au gré des révélations sur des plaintes pour viols sur mineures - certaines procédures ayant ensuite été classées - dont le principal suspect Jérôme Barella a fait l'objet.
Appelant d'abord à questionner l"organisation" au sein de l'État, la justice et les forces de l'ordre, le maire du Havre a aussi proposé certaines mesures. Notamment que chaque plainte donne "lieu à une évaluation", si nécessaire à des mesures de protection et que "quand il y a un risque", ce ne soit pas "à l'enfant de partir mais à l'adulte soupçonné".
Il s'est aussi dit favorable à l'imprescriptibilité des crimes sur mineurs - à l'instar de son concurrent macroniste à la présidentielle Gabriel Attal -, et à l'augmentation des moyens de la justice, "au même rythme qu'aujourd'hui, voire plus".
Édouard Philippe a également proposé d'ouvrir le débat sur la possibilité pour les parents d'interroger la police, pour savoir si un adulte en contact avec leur enfant a des antécédents judiciaires, sur le modèle d'une loi britannique instaurée après l'enlèvement et la mort d'une enfant de 8 ans en 2000 ("Sarah's law").
Il a en revanche critiqué l'appel à "aligner le traitement des pédocriminels sur celui des terroristes", formulé par le patron de Renaissance.
"Ce parallèle traduit une forme d'incompréhension sur ce qu'est la pédocriminalité", a estimé Édouard Philippe: "la réponse pénale est cruciale mais l'important reste l'éducation des enfants, la formation des adultes qui les accompagnent" et "le sauvetage" de "l'aide sociale à l'enfance".
