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justicevia RFI — France··5 min de lecture

Affaire Lyhanna: face à l'émotion en France, le gouvernement prend des premières mesures

Personnalités citées :Sébastien LecornuGérald DarmaninMarine Le PenLaurent Nuñez
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Le contexte

L'affaire Lyhanna, une collégienne de 11 ans, a suscité une vive émotion en France après sa mort. Le principal suspect, Jérôme Barella, avait déjà fait l'objet de plusieurs plaintes et signalements. Cette situation a mis en lumière des dysfonctionnements dans le traitement des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs.

Ce qu'il faut retenir

Le gouvernement français a annoncé des mesures pour renforcer les peines pour les violeurs en série et réduire le délai d'enquête sur les crimes contre les enfants. Sébastien Lecornu a présenté ces mesures en réponse à l'émotion publique suite à la mort de Lyhanna. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a reconnu des dysfonctionnements dans le traitement des plaintes concernant le suspect. Des manifestations ont eu lieu en France pour dénoncer l'inaction des pouvoirs publics dans cette affaire.

Ce que ça change

Ces annonces pourraient entraîner des changements significatifs dans la législation sur la protection des enfants et la lutte contre les violences sexuelles. La pression sur le gouvernement pour améliorer la réactivité de la justice face aux plaintes pour viols sur mineurs pourrait également influencer les pratiques judiciaires et policières à l'avenir.

L'article complet

Source originale sur rfi.fr

Renforcement des peines pour les violeurs en série, délai contraint pour les enquêtes sur les crimes visant des enfants... Sébastien Lecornu a présenté, mardi 9 juin dans la matinée, des premières mesures pour tenter de répondre à la colère et à l'immense émotion suscitées dans le pays par la mort de la jeune Lyhanna, un collégienne de 11 ans. Le principal suspect, Jérôme Barella, avait fait l'objet de plusieurs plaintes et signalements.

Publié le : 09/06/2026 - 16:02 Modifié le : 09/06/2026 - 16:54

Le Premier ministre a réuni pendant 1h30 plusieurs ministres à Matignon. Objet de leur réunion : la protection de l'enfance et les violences sexuelles. Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement, selon Matignon.

Concernant les crimes contre les enfants, les actes d'enquête devront être effectués « dans un délai maximal de trois mois », a également proposé le chef du gouvernement. Une mesure qui répond à l'inaction de la justice face au principal suspect dans la mort de Lyhanna , Jérôme Barella qui, avant ce drame, avait fait l'objet de plusieurs plaintes et signalements. D'autres mesures sont « en cours de finalisation », et toutes seront intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants, déjà présenté en Conseil des ministres il y a une dizaine de jours et qui sera examiné par le Parlement en juillet.

Le Premier ministre répond, mardi 9 juin, dans l'après-midi à l'Assemblée nationale, à une question sur cette affaire de la cheffe de file des députés Rassemblement national, Marine Le Pen, qui a dit qu'elle soutiendrait les mesures et a aussi appelé à une « introspection » de la justice. Il a d'ores et déjà annoncé qu'il recevrait « en fin de semaine » les députés partisans d'un texte de loi transpartisan et global sur la lutte contre les violences à la fois sexistes et sexuelles, qu'il a jugé « utile », promettant de prendre des mesures « réglementaires » en amont.

Sébastien Lecornu a aussi redit sa « confiance dans les enquêteurs, les policiers, les gendarmes, les magistrats, l'ensemble de ces métiers de justice ». « Je ne veux pas qu'on jette l'opprobre sur celles et ceux qui ont fait vœu de protéger les autres », a-t-il ajouté devant l'Assemblée nationale.

« La justice n'a pas fait son travail, je ne comprends pas pourquoi il faut attendre aussi longtemps », a déclaré depuis Toulouse la mère de Rosa, une enfant de 10 ans, qui accuse Jérôme Barella de viol. Retenant ses larmes, lors d'une conférence de presse à Toulouse, elle a interpellé le gouvernement.

Rosa, la mère de l'une des victimes du suspect

Cette mère avait déposé une plainte en août 2025 qui n'a débouché sur aucune convocation du suspect et qui n'a pas été suivie d'actes d'enquête suffisamment rapides. De longs mois se sont écoulés entre ce signalement et l'enlèvement de Lyhanna, à Fleurance, dans le Gers, le 29 mai. La pression s'accentue sur le gouvernement. Après le courroux exprimé dans plusieurs villes de France par plus de 60 000 manifestants lundi 8 juin contre les dysfonctionnements dans cette affaire, des plaintes vont être déposées visant l'inaction des pouvoirs publics.

L'avocat de la mère de Rosa a annoncé vouloir poursuivre l'État pour « faute lourde » et saisir la Cour de justice de la République contre le garde des Sceaux Gérald Darmanin . Bien qu'il ait rapidement reconnu des « dysfonctionnements accablants », le ministre de la Justice a exclu de démissionner. Et il a ordonné que soient passées en revue d'ici au 14 juillet les 70 000 plaintes actuellement dans les tribunaux qui impliquent des enfants.

Gérald Darmanin a été entendu au Sénat dans la matinée avec son collègue de l'Intérieur Laurent Nuñez. Face aux sénateurs, le garde des Sceaux a maintenu sa ligne de défense : selon lui, le problème n’est ni un manque de moyens ni un manque d’effectifs, mais un défaut de réactivité dans le traitement des plaintes visant le principal suspect.

Le ministre de la Justice estime que les actes d’enquête réalisés n’étaient pas adaptés à la gravité des faits dénoncés et juge incompréhensible que l’homme n’ait jamais été placé en garde à vue, ni entendu dans le cadre des accusations de viol sur mineure. « On n’a jamais mis en garde à vue l’auteur, ni fait de perquisitions sur son téléphone. On a fait des actes d’enquête qui ne correspondent pas à un viol sur enfant », a déclaré Gérald Darmanin.

De son côté, Laurent Nuñez a défendu l’action des forces de l’ordre, rapporte Charlotte Urien-Tomaka , du service politique de RFI. Le ministre de l’Intérieur a rappelé que les violences sexuelles sur mineurs font l’objet d’un traitement prioritaire et a mis en avant la formation spécialisée de milliers d’enquêteurs. Et lorsqu’il est interrogé sur le manque de moyens de la justice, Gérald Darmanin reconnait des difficultés générales mais affirme que ce n’est pas ce qui explique les défaillances dans l’affaire Lyhanna. Selon lui, les informations existaient et auraient dû permettre une intervention plus rapide.

« Ce qui nous manque dans cette histoire, ce n'est pas une nouvelle loi, ce ne sont pas des nouveaux moyens, ce ne sont pas des problèmes numériques. C'est simplement, me semble-t-il, la priorisation des plaintes pour viol. Et je crains que l'une des difficultés, c'est que nous ayons traité collectivement cette plainte comme on traite n'importe quelle autre plainte. »

Dans un courrier à ses ministres rendu public lundi soir, Sébastien Lecornu avait souligné « l'effroi » mais aussi « une incompréhension sur les circonstances » du décès de Lyhanna.

Le gouvernement, et singulièrement Gérald Darmanin, sont sur une ligne de crête. Ils doivent tenir compte de l'émotion sans se mettre à dos l'ensemble de l'institution judiciaire. Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), organe garantissant l'indépendance de l'autorité judiciaire en France, a ainsi déploré le « discrédit jeté sur des milliers de magistrats », répondant aux critiques sur le traitement de l'affaire et son « instrumentalisation ».

« Dans ce cas très précis, il ne nous a manqué ni de moyens, ni de lois, il nous a manqué de prioriser des viols sur les mineurs », avait insisté Gérald Darmanin lundi à l'issue d'une réunion avec les procureurs généraux. Plusieurs procureurs décrivent cependant à l'AFP un système judiciaire sous tension extrême, ployant sous l'accumulation de dossiers où distinguer « une super-priorité parmi les priorités » devient difficile.

Le corps de Lyhanna, disparue à ⁠Fleurance, dans le Gers, a été retrouvé après plusieurs jours de recherches sans que les causes de la mort ne soient encore établies. Le suspect, Jérôme Barella, 41 ans, dont Lyhanna connaissait la fille, a été mis en examen et placé en détention pour enlèvement et séquestration. Lyhanna avait été vue pour la dernière fois dans la voiture de ​ce dernier.

Texte extrait depuis l'article original sur rfi.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur rfi.fr.

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