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justicevia L'Humanité··3 min de lecture

Affaire Lyhanna : face aux députés, le gouvernement botte en touche

Personnalités citées :Gérald DarmaninAurore BergéSébastien LecornuKarine LebonMarie-Charlotte GarinCéline Thiébault-MartinezMarine Le Pen
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Le contexte

L'affaire Lyhanna concerne des questions de violences sexistes et sexuelles en France, soulevant des préoccupations sur la responsabilité politique du gouvernement. Le débat a été intensifié par la mort de Lyhanna, qui a mis en lumière des défaillances dans le système judiciaire et les réponses politiques face à ces enjeux.

Ce qu'il faut retenir

Lors d'une séance de questions au gouvernement, la gauche a interpellé le gouvernement sur sa responsabilité dans l'affaire Lyhanna, demandant des mesures concrètes et des moyens financiers pour la justice. Gérald Darmanin et d'autres membres du gouvernement ont répondu de manière défensive, évitant de s'engager sur des solutions. La députée Marie-Charlotte Garin a insisté sur l'importance de ne pas ignorer les besoins de financement pour la justice, tandis que le gouvernement a proposé des mesures controversées, comme l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs.

Ce que ça change

Cette situation met en lumière les tensions entre le gouvernement et l'opposition sur la gestion des violences sexistes et sexuelles. Les demandes de la gauche pour des mesures concrètes et des financements pourraient influencer le débat public et les futures décisions politiques concernant la justice et la sécurité en France.

L'article complet

Source originale sur humanite.fr

La gauche a demandé des mesures, des moyens et exigé que le gouvernement prenne ses responsabilités politiques dans le fiasco judiciaire de l’affaire Lyhanna. Des requêtes ignorées par l’exécutif.

Il est rare, sur une question régalienne touchant à la sécurité de base, qu’un gouvernement de droite se retrouve aussi mal à l’aise. Mardi, lors d’une séance de questions au gouvernement largement consacrée à la mort de Lyhanna – chacun des groupes parlementaires y a consacré une question –, Gérald Darmanin, comme garde des Sceaux , Aurore Bergé, comme ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, et Sébastien Lecornu, le premier ministre, sont restés sur la défensive, faisant preuve d’une prudence rarement de mise quand il s’agit de narcotrafic ou d’immigration , par exemple.

La France insoumise a directement posé la question de la responsabilité politique de Gérald Darmanin, tout comme le groupe GDR via Karine Lebon un peu plus tard : « C’est tout un système qui a failli. Un système dont vous êtes le principal moteur » , a lancé la députée réunionnaise, visiblement émue. Pour noyer le poisson, le ministre a fait mine de confondre la responsabilité politique d’un ministre et une attaque personnelle : « Vous ne connaissez rien de mon histoire personnelle ! » a-t-il répondu à Karine Lebon.

La gauche a aussi demandé des moyens : 3 milliards d’euros, face à une justice qui en manque cruellement. « Vous savez ce qu’on dit : « C’est pas bien de mentir. » Alors il faudra dire que ce n’est pas bien de mentir au président de la République qui « ne veut entendre aucun argument de moyens dans cette affaire » » , a insisté Marie-Charlotte Garin.

La députée écologiste, en pointe sur le sujet des violences sexistes et sexuelles (VSS), a répété la formule dans une belle anaphore jusqu’à conclure : « Vous savez à qui on a longtemps dit « c’est pas bien de mentir » ? Aux enfants qui parlent quand ils ont été victimes. Aux femmes qui dénoncent leurs violeurs. »

En réponse, Aurore Bergé s’est contentée d’un registre émotionnel, estimant que la députée et les Français « avaient raison d’être en colère » . L’élue lyonnaise a eu beau mimer le signe de l’argent depuis les travées, rien n’y a fait. Céline Thiébault-Martinez, la députée PS à l’origine de la loi dite « intégrale » contre les VSS, a elle aussi demandé des mesures concrètes.

Sauf que le gouvernement a mis en avant quelques mesures qu’il juge pertinentes… hors du texte, étonnamment les plus à droite et les moins consensuelles. D’abord l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs , à laquelle la gauche s’oppose. Et l’alourdissement des peines pour ce type de crime.

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« Mais ça ne sert à rien ! » s’est insurgé hors micro Marie-Charlotte Garin et quelques autres autour d’elle quand Sébastien Lecornu évoquait cette mesure en réponse à Marine Le Pen. « Vous en débattrez ! » lui a répondu le premier ministre, agacé par les interpellations de la gauche.

Car, au fond, le gouvernement reprend à son compte un texte sans vraiment y croire. « J’ai bien peur que la loi intégrale ne couvre pas le sujet (de la mort de Lyhanna) » , a déclaré le premier ministre. Pas une question de moyens, pas une question législative… Pour le gouvernement, l’affaire Lyhanna n’est rien d’autre qu’une défaillance individuelle.

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Affaire Lyhanna : face aux députés, le gouvernement botte en touche

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