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justicevia Le HuffPost··3 min de lecture

Affaire Lyhanna : La mère de Rosa, une autre victime présumée de Jérôme Barella, culpabilise de ne pas avoir « crié assez fort »

Personnalités citées :Gérald DarmaninClémence MeyerPierre Debuisson
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Le contexte

L'affaire concerne Jérôme Barella, suspecté de viols sur des enfants, dont la victime présumée, Rosa, a déposé plainte avant la mort de Lyhanna. Des expertises avaient confirmé la crédibilité des accusations, mais des dysfonctionnements judiciaires ont été signalés, notamment le manque d'intervention des autorités malgré plusieurs plaintes.

Ce qu'il faut retenir

La mère de Rosa exprime sa culpabilité face à la mort de Lyhanna, affirmant que des actions judiciaires auraient pu éviter ce drame. Elle critique le système judiciaire français pour son inaction et souligne les menaces que Jérôme Barella aurait proférées contre sa fille. L'avocat de la mère annonce des procédures contre l'État et les enquêteurs pour faute lourde et négligence. La mère de Rosa appelle à une prise de conscience collective sur la protection des enfants.

Ce que ça change

Cette affaire soulève des questions sur l'efficacité du système judiciaire en France et la protection des enfants victimes de violences. Elle pourrait entraîner des réformes dans la manière dont les plaintes pour viols sont traitées et une meilleure responsabilité des institutions judiciaires.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

« Cette mort de Lyhanna, ça reste sur ma conscience. Il faut que je vive avec sa mort. » La mère de Rosa, une autre victime présumée de Jérôme Barella, avait déposé plainte en août 2025 pour viol contre l’homme suspecté d’avoir tué la petite Lyhanna, dont le corps a été retrouvé le jeudi 4 juin .

Des expertises psychologiques avaient établi la crédibilité de la petite qui dénonçait des viols commis entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile du suspect, alors qu’elle n’était âgée que de 10 ans. Un examen gynécologique avait également permis de déterminer que celle-ci avait bel et bien été violée. Des menaces avaient aussi été envoyées par Jérôme Barella à la fillette, affirme la mère. « Il l’a menacé de se suicider si elle ne disait pas qu’elle avait menti. » Malgré cela, le suspect n’avait jamais été ni placé en garde à vue ni même entendu par la justice.

Le parquet de Toulouse s’était dessaisi au profit de celui d’Auch qui, en janvier, avait prescrit des actes d’enquête à la gendarmerie de Lectoure, dans cette procédure. « Cette enquête était en cours au moment de la disparition de Lyhanna » , avait indiqué la procureure d’Auch, Clémence Meyer.

« On pouvait éviter sa mort si la justice et les personnes qui se sont occupées de mon dossier faisaient leur boulot correctement » , assure Audrey sur RTL ce mardi 9 juin. « Je suis déçu de la France, je suis déçu qu’ils n’aient pas protégé les enfants » , a-t-elle ajouté. Les dysfonctionnements judiciaires dans l’affaire sont pointés du doigt depuis la découverte de l’existence de plusieurs plaintes qui visaient déjà Jérôme Barella. D’autres s’y sont depuis ajoutées.

« C’est très difficile de faire les démarches, de traverser les épreuves, et aujourd’hui on n’est pas considérées, on n’est pas entendues », poursuit la mère de la fillette qui estime que les nombreuses prises de paroles du gouvernement ne sont pour l’instant « que des promesses » .

Avec elle à l’antenne de RTL, Maître Pierre Debuisson annonce qu’il va lancer deux procédures : une plainte contre l’État en responsabilité devant le tribunal judiciaire pour faute lourde, ainsi qu’une procédure au pénal. Cette deuxième procédure concernera les enquêteurs « qui n’ont pas interpellé le violeur » de Rosa, mais aussi les magistrats : « Les procureurs auraient dû intervenir pour que celui-ci soit interpellé immédiatement. » Sans oublier « Monsieur Darmanin puisqu’il représente l’institution judiciaire, puisqu’il est garde des Sceaux et puisqu’il a été pendant quatre ans le ministre de l’Intérieur et donc patron des policiers et des gendarmes ».

« Pourquoi attendre neuf mois quand on a autant d’éléments dans ce dossier qui caractérisent l’infraction ? » , questionne l’avocat. « Il est trop facile de dire que c’est l’État qui a failli. Derrière l’État il y a des personnes, des hommes et des femmes qui ont failli dans le cadre de ce drame absolu, et donc des responsabilités doivent être déterminées » pointant du doigt un système qui « ne fonctionne pas » .

Et d’ajouter : « Si chacun avait fait son travail, ce drame ne se serait jamais produit » . Il assure qu’il ne s’agit « pas d’un cas isolé » et explique qu’il a une quinzaine de plaintes de parents, uniquement dans son cabinet, qui restent sans réponse. Maître Pierre Debuisson appelle à des sanctions et une prise de conscience collective.

Dans l’attente que les choses bougent, la mère de Rosa vit avec de la culpabilité : « C’est ma faute, je n’ai pas fait assez, je n’ai pas crié assez fort pour qu’ils nous entendent, je n’ai pas appelé assez fort pour que justice soit faite. Parce que dans la plainte, ils ont tout, tous les éléments, ils ont eu tout pour qu’ils puissent interpeller Jérôme Barrella. Et ils n’ont pas fait ».

Sur RTL, elle a également eu un mot pour les parents de la fillette de 11 ans retrouvée morte : « Je suis désolée. Je suis désolée de ne pas avoir fait plus. Je suis désolée qu’il n’ait pas été arrêté avant. Simplement, je suis désolée ».

Avant que sa fille ne lui avoue les agissements de l’homme, elle avoue : « Je pensais que c’était un papa qui aimait ses enfants, je n’ai jamais imaginé qu’il pouvait faire ça ». Avec sa fille, elle a suivi l’affaire de Lyhanna, de sa disparition à la découverte du corps. « Elle m’a dit : ’Si un jour j’ai un enfant je vais l’appeler Lyhanna’ » , rapporte la mère de famille.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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