Le corps retrouvé dans le Gers est bien celui de Lyanna, a annoncé le procureur d'Agen dans un communiqué vendredi soir, précisant que les causes de la mort n'ont pas encore pu être établies. Plus tôt, l'exécutif avait déploré les dysfonctionnements "accablants" des services de l'État.
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Le corps retrouvé dans un site agricole du Gers est bien celui de la petite Lyhanna , collégienne de 11 ans disparue depuis le 29 mai à Fleurance, a annoncé vendredi 5 juin le procureur d'Agen, Olivier Naboulet, dans un communiqué.
"L'identification de la victime est confirmée, au moyen d'une comparaison d'ADN", y déclare le procureur, qui précise que "les médecins légistes, en l'état de leurs investigations, ne sont pas aujourd'hui en mesure d'indiquer quelles sont les causes de la mort". Le corps de l'enfant avait été retrouvé jeudi .
"L'institution judiciaire n'a pas su protéger" Lyhanna, a déploré vendredi Gérald Darmanin, qui "au nom de la Justice, comme ministre", a "présenté (ses) excuses" à la famille de la victime et "aux Français qui sont légitimement choqués, terrifiés de voir de telles défaillances".
"J'en tirerai toutes les conséquences", a ajouté le garde des Sceaux lors d'un entretien sur TF1, en estimant que la Justice "a failli dans le suivi des plaintes" déposées ces dernières années contre le principal suspect, déjà soupçonné de violences sexuelles sur des mineures.
"Il est clair qu'il y a un dysfonctionnement (...) et c'est inacceptable", avait plus tôt déploré le président Emmanuel Macron d epuis le Monténégro , ajoutant ne vouloir "entendre aucun argument de moyens dans cette affaire".
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni ses ministres de l'Intérieur, de la Justice et des Comptes publics pendant plus de deux heures à Matignon pour "faire un point de situation" sur cette affaire qui suscite une vive émotion et de nombreux commentaires politiques dans le pays.
Le chef du gouvernement a demandé que "les premières conclusions" de l'enquête administrative confiée à l'Inspection générale de la justice et à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale "lui soient remises sous 15 jours".
Si les manquements des services de l'État restent à établir, une source gouvernementale a regretté auprès de l'Agence France-Presse (AFP) que la circulaire pénale priorisant les enfants victimes dans le traitement des plaintes n'ait pas été "appliquée par la procureure d'Auch", Clémence Meyer. Cette instruction signée par Gérald Darmanin avait été diffusée en janvier.
Un corps paraissant être celui de Lyhanna, collégienne de 11 ans disparue à Fleurance (Gers) le 29 mai, avait été retrouvé jeudi au sein d'une exploitation agricole, près du village de Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de distance.
Une autopsie devait permettre d'"identifier formellement le corps et proposer des conclusions médico-légales sur les causes de la mort", avait alors précisé le procureur d'Agen Olivier Naboulet. Elle devait également déterminer si la victime a subi des violences sexuelles.
Père de deux enfants, le principal suspect, Jérôme B. , un homme de 41 ans qui connaissait Lyhanna car elle était amie avec sa fille, a été mis en examen lundi pour enlèvement et séquestration, puis incarcéré. Il avait travaillé dans l'exploitation agricole dans laquelle a été retrouvé le corps, selon un responsable agricole gersois.
Depuis le début de la semaine, des révélations sur ses antécédents ont tracé un profil inquiétant, avec plusieurs signalements ou plaintes, notamment pour viol sur mineure.
Selon la procureure de la République d'Auch, il avait fait l'objet de plaintes en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite. La seconde est toujours en cours.
Dans un communiqué diffusé par leur avocat, la famille a exprimé "le plus grand effroi".
Le député du Gers David Taupiac avait alerté, lors d'une question au gouvernement en avril 2025, sur les difficultés de fonctionnement du tribunal d'Auch, "confronté à une pénurie de magistrats et de greffiers, ainsi qu'à des dysfonctionnements informatiques répétés". "Ça a perturbé le travail de la justice", a déclaré le parlementaire à l'AFP vendredi.
Plusieurs candidats à l'Élysée, potentiels ou déclarés , ont fait part de leurs critiques et posé la question de la prise en compte des témoignages d'enfants.
"Notre système judiciaire est une faillite, il faut le réformer en profondeur", a estimé de son côté le président des Républicains et candidat pour 2027 Bruno Retailleau .
"Il faut créer un véritable principe de précaution face aux violences faites aux enfants", avec une "accélération des procédures" et des "responsabilités clairement établies en cas de défaillance", a déclaré pour sa part Édouard Philippe , prétendant Horizons à la présidentielle.
À gauche, la patronne des Écologistes Marine Tondelier , également candidate à l'Élysée, a elle dénoncé une affaire "symbole d'un système politico-judiciaire incapable de gérer le sujet des violences sexistes et sexuelles".
Sur RTL vendredi, Éric Mouzin, père de la petite Estelle , victime du tueur en série Michel Fourniret , a estimé "surréaliste" que les ministres de l'Intérieur et de la Justice "semblent découvrir l'existence de dysfonctionnements au sein de leur ministère", soulignant que la situation n'était pas "le fruit d'une évolution du dernier mois ou de quelques semaines", mais datait de bien plus longtemps.
Sur Franceinfo, le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard a appelé à donner "des réponses politiques à la hauteur pour donner les moyens nécessaires aux enquêteurs sur ces sujets, alors que le gouvernement n'a fait que les couper".
