Le Premier ministre Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale le 26 mai 2026. Illustration - SERGE TENANI / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Sébastien Lecornu, qui a réuni ce mardi 9 juin plusieurs ministres pour tenter de répondre à l'émotion suscitée par la mort de Lyhanna, 11 ans , a proposé de renforcer les peines pour les auteurs de viols sur plusieurs victimes mineures, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement, selon Matignon.
Concernant les crimes contre les enfants, les actes d'enquêtes devront être effectués "dans un délai maximal de 3 mois", a également proposé le Premier ministre à l'issue d'une réunion à Matignon avec cinq ministres. Une mesure qui répond à l'inaction de la justice face au principal suspect dans la mort de Lyhanna, Jérôme Barella , lequel avait fait l'objet de plusieurs plaintes et signalements.
D'autres mesures sont "en cours de finalisation", et toutes seront intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants, déjà présenté en Conseil des ministres il y a une dizaine de jours et qui sera examiné par le Parlement en juillet. Le projet de loi relatif à la protection de l'enfance sera examiné à partir du 15 juillet par l'Assemblée nationale.
Devant les députés, Sébastien Lecornu a détaillé deux autres points qu'il souhaite approfondir dans le cadre de ce projet de loi. À commencer par la question des prescriptions. "Ce travail ne fait pas consensus, je le sais, mais il faut l'ouvrir. Il y a un débat important. Il faut prendre beaucoup de précautions juridiques, beaucoup de précautions constitutionnelles, mais je ne veux pas fermer la porte de cette question", a-t-il détaillé.
Le chef du gouvernement indique ainsi avoir demandé au garde des Sceaux Gérald Darmanin et à la ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, de réunir les présidents de groupe à l'Assemblée nationale et les responsables de texte engagés sur ces sujets "pour essayer de bâtir un compromis".
Puis, deuxième point: "la question de la transparence des procédures pour les victimes". "C'est une absolue nécessité", justifie le Premier ministre.
Dans une lettre adressée lundi soir à certains de ses ministres, Sébastien Lecornu a estimé que la mort de Lyhanna provoque chez les Français "à la fois de l’effroi mais aussi une incompréhension sur les circonstances qui entourent" sa mort.
"Ce drame confirme l’urgence au sein de notre société de mieux lutter contre les violences sexistes et sexuelles, en particulier celles qui touchent les enfants", a-t-il écrit. La pression s'accentue sur le gouvernement. Après le courroux exprimé dans plusieurs villes de France par plus de 60.000 manifestants lundi soir contre les dysfonctionnements dans cette affaire, des plaintes vont être déposées visant l'inaction des pouvoirs publics.
L'avocat de la mère de Rosa, une enfant de 10 ans qui accuse Jérôme Barella de viol, a annoncé vouloir poursuivre l'État pour "faute lourde" et saisir la Cour de Justice de la République contre le garde des Sceaux Gérald Darmanin.
"La justice n'a pas fait son travail , je ne comprends pas pourquoi il faut attendre aussi longtemps", a déclaré la mère de Rosa.
Retenant ses larmes, lors d'une conférence de presse à Toulouse, elle a interpellé le gouvernement. Car elle avait déposé une plainte en août 2025 qui n'a débouché sur aucune convocation du suspect et qui n'a pas été suivie d'actes d'enquête suffisamment rapides. De longs mois se sont écoulés entre ce signalement et la disparition de Lyhanna, à Fleurance (Gers), le 29 mai.
