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justicevia RFI — France··4 min de lecture

Affaire Lyhanna: sous pression, le ministre de la Justice Gerald Darmanin exclut toute démission

Personnalités citées :Gérald DarmaninYaël Braun-PivetLudovic FriatCéline Thiébault-Martinez
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Le contexte

L'affaire Lyhanna concerne le meurtre d'une fillette de 11 ans, révélant des défaillances dans le traitement des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, fait face à des critiques concernant la gestion de ces affaires et la priorisation des violences faites aux enfants. La pression monte pour une réforme législative sur les violences sexistes et sexuelles.

Ce qu'il faut retenir

Gérald Darmanin a exclu toute démission malgré les critiques sur la gestion des plaintes pour viols sur mineurs. Il a appelé à une mobilisation générale pour faire la vérité sur les défaillances dans l'affaire Lyhanna. La présidente de l'Assemblée nationale a demandé un examen rapide d'un texte de loi sur les violences sexistes et sexuelles. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de France, appelant à des sanctions contre les défaillances de la justice. Le ministre a annoncé qu'une inspection rendra ses conclusions sous 15 jours.

Ce que ça change

Cette affaire met en lumière les lacunes du système judiciaire français en matière de protection des enfants et de traitement des violences sexuelles. Les demandes de réforme législative et les manifestations pourraient accélérer l'examen de propositions de loi visant à renforcer la réponse de l'État face à ces problématiques. Cela pourrait également influencer le débat public sur la justice et la sécurité en France.

L'article complet

Source originale sur rfi.fr

Sous pression, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a appelé lundi 8 juin à une « mobilisation générale » afin de « faire la vérité » après les défaillances dans l'affaire Lyhanna, en excluant toute démission, alors que la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a demandé à ce qu'un texte de loi sur les violences sexistes et sexuelles soit rapidement examiné à l'Assemblée.

« Il ne nous a manqué ni de moyens, ni de lois, il nous a manqué de prioriser des viols sur les mineurs », a insisté le ministre de la Justice lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion avec les procureurs généraux pour leur demander de « reprendre l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit environ 70 000.

Le garde des Sceaux a expliqué avoir commandé un état des lieux « tribunal par tribunal, commune par commune de toutes ces plaintes », avant de recevoir « les procureurs généraux individuellement » et de faire alors « le point ».

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin, lors de sa conférence de presse

Sous la pression du scandale lié au possible meurtre de Lyhanna, une enfant de 11 ans, par Jérôme Barella, un homme faisant l'objet de plusieurs plaintes pour viols, Gérald Darmanin a répété vouloir des sanctions pour des « défaillances extrêmement graves » et rejeté toute démission face aux accusations « d'abandon » de la part de magistrats.

En Seine-Saint-Denis, les magistrats du tribunal de Bobigny, deuxième plus grosse juridiction de France, ont dénoncé lundi après-midi « l'hypocrisie » du garde des Sceaux sur la priorisation des contentieux liés aux violences faites aux enfants et « l'aveuglement » des pouvoirs publics face à un « abandon des acteurs de la protection de l'enfance ».

Ludovic Friat, président de l'Union syndicale des magistrats, a envoyé ce lundi matin une lettre au ministre avec deux reproches.

Nous sommes très, très en retard par rapport à nos voisins européens. Nous avons entre trois à quatre fois moins de procureurs que dans les pays européens comparables, deux fois moins de juges du siège, deux fois moins de greffiers avec un nombre d'affaires, surtout en matière de violences sexuelles et sexistes, qui ont explosé.

Ludovic Friat, président de l'Union syndicale des magistrats

Depuis la découverte jeudi du corps de la fillette de 11 ans et les révélations sur des plaintes pour viols sur mineures – certaines procédures ayant ensuite été classées – dont le suspect a fait l'objet, M. Darmanin occupe le terrain médiatique, s'étant d'abord dit « terrifié », puis pointant le lendemain sur X « les dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l'État ».

Lundi, il a répété que des sanctions seraient prises après des « défaillances extrêmement graves ». Une inspection – justice, gendarmerie et Éducation nationale – doit rendre ses conclusions sous 15 jours. À noter par ailleurs, Gérald Darmanin et son collègue de l'Intérieur, Laurent Nuñez, seront eux auditionnés par la commission des Lois de la chambre haute dès mardi 9 juin.

Quelques milliers de manifestants se sont rassemblés ce lundi soir dans des dizaines de villes de France et devant la Chancellerie à Paris, mettant en cause la justice dans l'affaire Lyhanna et le traitement des violences sexuelles. De nombreuses associations féministes et enfantistes, parmi lesquelles NousToutes, la Fondation des femmes, Face à l'inceste, le Collectif féministe contre le viol, avaient appelé à des rassemblements en début de soirée devant les tribunaux de plus de 160 villes de France.

« Rendez-nous la justice », « pour les victimes, la peine est imprescriptible », « quand un enfant appelle à l'aide, chaque silence est une violence supplémentaire », pouvait-on lire sur les pancartes à Paris, où les manifestants étaient les plus nombreux. Malgré l'interdiction de la manifestation place Vendôme, où se situe le ministère de la Justice, le rassemblement a été rejoint par les actrices Anna Mouglalis et Judith Godrèche, la fille de Richard Berry, Coline Berry, ou encore le militant Arnaud Gallais.

Plusieurs centaines de manifestants – des femmes pour la plupart –, dont beaucoup « en colère », étaient rassemblés aux cris de « Darmanin démission » et « Justice pour les enfants » sous les fenêtres de la chancellerie, protégée par plusieurs dizaines de membres des forces de l'ordre.

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a pour sa part demandé l'inscription à l'agenda du Parlement de la proposition de loi « intégrale », transpartisane, sur les violences sexistes et sexuelles, co-signée par une centaine de députés.

Alors que les « problématiques sont systémiques », ce texte « porte des réponses qui touchent l'ensemble des domaines : la justice, la sécurité, le foyer (...) les associations, les activités sportives, l'éducation », car le combat doit être porté « sur tous les fronts », a expliqué Mme Braun-Pivet, en réclamant un examen lors de la session extraordinaire, soit en juillet, soit en septembre.

« Toutes les trois minutes, un enfant est victime de violences sexuelles. Une femme sur deux a déjà subi des violences sexuelles au cours de sa vie. « Seuls 1 % des viols et 1 % des incestes aboutissent à une condamnation », a déclaré la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez lors d'une conférence de presse. Pour l'élue, autrice d'une « proposition de loi intégrale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants », « la réponse publique est morcelée, lente et insuffisante. »

Déposé fin 2025 et cosigné par une centaine de députés de gauche et de la coalition gouvernementale, le texte de 79 articles n'a jamais été examiné.

Texte extrait depuis l'article original sur rfi.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur rfi.fr.

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