Après la manifestation parisienne de ce lundi 8 juin visant à dénoncer les manquements de la justice dans l’affaire Lyhanna, et plus généralement le traitement des violences sexuelles, l’actrice Andréa Bescond a passé la nuit en cellule. Dès la fin du rassemblement qui s’est tenu Place Vendôme, des messages évoquant le placement en garde à vue de la comédienne, figure de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, se sont multipliés sur les réseaux sociaux.
« C’est Barella (le principal suspect de l’affaire, ndlr) qui aurait dû aller en garde à vue. Ce sont les pédocriminels et leurs complices qui doivent aller en garde à vue. Pas ceux qui dénoncent les dysfonctionnements du système judiciaire » , écrivait sur Instagram 160 000 enfants , l’association de lutte contre les violences sexuelles faites aux plus jeunes. Plusieurs photographies d’Andréa Bescond faisant face à des boucliers de CRS, alors que les barrages de police cédaient sous la pression de la foule, ont également été partagées.
« On ne fera pas taire cette colère à coups de matraque, de nasse et de garde à vue. Libérez Andréa Bescond. Laissez vivre la colère populaire. Donnez des moyens à la justice. Protégez les enfants » , écrivait de son côté Lyes Louffok, militant pour les droits des enfants.
Pour rappel, le suspect de la mort de Lyhanna était visé par plusieurs plaintes pour viols sur mineur de moins de 15 ans, mais il n’avait jamais été ni placé en garde à vue ni même entendu par la justice. Depuis, les dysfonctionnements de l’institution sont pointés du doigt.
Dans la matinée, ce mardi 9 juin, Andréa Bescond a rassuré, expliquant qu’elle était sortie de garde à vue. Et d’assurer qu’elle va bien. « J’ai passé la nuit en cellule avec des jeunes filles adorables, deux étaient en garde à vue pour le vol de sushis, deux autres depuis dimanche car elles avaient volé à la Samaritaine » , a-t-elle raconté sur Instagram.
Avant d’ajouter : « Pensées émues pour tous les pédocriminels qui n’ont jamais passé une nuit en garde à vue. » Revenant sur les événements de la veille elle écrit : « C’était un peu une surprise de se retrouver nez à nez avec ces gros boucliers qui nous poussaient alors que nous faisions un rassemblement non violent depuis deux heures. » La manifestation Place Vendôme a réuni 1 200 personnes, selon la préfecture de police, et malgré son interdiction (les autorités avaient proposé de la déplacer sur l’île de la Cité, devant la Cour d’appel de Paris).
Plusieurs célébrités engagées sur les sujets des violences faites aux femmes et aux enfants étaient au rendez-vous. À l’image des actrices Anna Mouglalis et Judith Godrèche, de Coline Berry, qui accuse son père Richard d’inceste, ou encore du militant Arnaud Gallais. Interrogée par BFMTV durant le rassemblement, Andréa Bescond y a déclaré : « Nos enfants sont violés par des multirécidivistes. Il y a un gros travail à faire dans la justice, l’Éducation, tous les services publics. »
La comédienne a également annoncé qu’elle jouerait exceptionnellement son spectacle Les chatouilles ou la danse de la colère, aux Folies Bergères ce mercredi 10 juin en hommage à Lyhanna. Dans son seule-en-scène, elle aborde les viols qu’elle a subis enfant. « Il y a dix ans, j’ai joué ce spectacle devant Emmanuel Macron, Brigitte Macron, Marlène Schiappa et tout le tralala. Et on en est là… », avait-elle déploré dans Le Parisien . Les recettes de la représentation seront reversées à la Fondation des femmes.
