Branle-bas de combat pour les procureurs. Gérald Darmanin leur donne jusqu’au 14 juillet pour effectuer un travail colossal : « reprendre l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants » . Cela représente environ 70 000 affaires, a précisé le ministre de la Justice ce dimanche 7 juin sur LCI, en réponse à la mort de Lyhanna , et de l’onde de choc qu’elle provoque en France.
« Cette affaire est extrêmement grave pour la confiance que nous font les Français », a déploré le Garde des Sceaux qui a convoqué ce lundi tous les procureurs généraux au ministère de la Justice. « On se donne un mois avec le ministre de l’Intérieur, on va prendre ressort par ressort toutes les plaintes », a-t-il précisé, souhaitant voir « un par un les procureurs généraux pour qu’on fasse le bilan de sa cour d’appel, qu’on voit ce qu’il manque. »
Depuis vendredi, Gérald Darmanin monte au front pour défendre son action et chercher les responsabilités derrière les « manquements » ou « dysfonctionnements » qui ont pu permettre la mort de la collégienne dans le Gers, alors que le principal suspect avait fait l’objet de plusieurs plaintes dans le passé. « J’essaie de faire comprendre que l’indépendance » de la justice « n’est pas l’irresponsabilité. C’est très difficile » , avait-il déjà expliqué dans le journal de 20 heures de TF1.
Depuis, le ministre de la Justice concentre les critiques dans la sphère politique. Il doit par exemple essuyer des appels à la démission, à l’image de celui lancé dimanche sur LCI par Mathilde Panot qui a dénoncé une « clochardisation de la justice » , à l’unisson de nombreux professionnels du droit. Si le garde des Sceaux pliait bagage, « ça ne changerait pas la politique de fond » , a estimé la cheffe de file des députés LFI, mais « ça enverrait un signal politique » .
Le secrétaire général du Parti socialiste Pierre Jouvet a dit, lui, attendre « de la responsabilité politique » dans cette affaire. « J’aurais été garde des Sceaux et j’aurais été à la place de Gérald Darmanin j’aurais remis ma démission au président de la République » , a-t-il encore assuré sur France 3. Cherchant à dézoomer, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a de son côté appelé sur BFMTV à ne pas chercher immédiatement « un bouc émissaire » .
« Ce n’est pas uniquement un parquet, des forces de l’ordre, une chaîne pénale qui est à mettre en cause. C’est toute une société » , a-t-il ajouté. Avant d’adresser une recommandation à l’intention de Gérald Darmanin : « Tous ceux qui depuis dix ans exercent le pouvoir et qui viennent chercher des boucs émissaires, je leur dis : un peu de dignité » .
