Alors que la colère perdure après la mort de Lyhanna , Emmanuel Macron vole au secours du gouvernement. En conseil des ministres ce mercredi 10 juin, le chef de l’État a redit « l’émotion de la Nation » mais a mis en garde contre la « précipitation » et la « démagogie » qui « ne sont pas des réponses » à la hauteur.
« L’émotion de la Nation est partagée. L’affection et la solidarité et avec la famille aussi, ainsi qu’avec toutes les familles qui vivent des situations similaires », a déclaré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon lors du compte rendu fait à la presse.
Elle a rapporté les propos du président de la République selon qui « le respect, le soutien et la décence devraient l’emporter » . « On ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur » , a-t-il ajouté.
Une déclaration qui intervient alors que la démission de son Garde des Sceaux est réclamée par la France insoumise et que le Parlement entend bien se saisir de l’affaire. La veille, huit des onze questions au gouvernement ont porté sur la mort de Lyhanna, dans une atmosphère tendue. Une commission d’enquête sur les dysfonctionnements de la politique pénale a par ailleurs été lancée ce mercredi par le Sénat.
Selon la porte-parole du gouvernement, le chef de l’État a cependant reconnu que les dysfonctionnements mis en lumière dans cette affaire « posent une question fondamentale : la protection des enfants et l’efficacité de l’action publique ». « La confiance en nos institutions est également posée. Face à cela il faut agir avec détermination, n’écarter aucune responsabilité et établir les faits. Il est évident qu’il y a eu des dysfonctionnements manifestes, il faut comprendre ce qui relève des faits individuels ou systémiques », a-t-il ajouté.
Le chef de l’État a défendu le projet de loi de protection de l’enfance présenté en Conseil des ministres avant la disparition de la fillette et dont l’examen est prévu au Parlement en juillet. « S ’il doit être modifié, c’est uniquement au regard des faits et avec méthode », a jugé Emmanuel Macron. La veille, son Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé l’ajout d’au moins deux mesures en réaction à l’affaire Lyhanna : un durcissement des peines pour les violeurs en série et surtout, l’obligation d’actes d’enquêtes dans un délai « maximal » de 3 mois sur toutes les procédures ouvertes pour des crimes sexuels sur les mineurs. D’autres mesures sont également en cours de réflexion, le chef du gouvernement s’étant dit prêt à ouvrir le débat sur la prescription qui entoure certains crimes.
