Le maire LFI Bally Bagayoko lors d’un rassemblement contre le racisme à Saint-Denis-Pierrefitte, le 4 avril 2026. ARMAND GESQUIERE / HANS LUCAS VIA AFP
S’abonner permet de commenter les articles. Et pas que : vous pouvez les consulter et les offrir à vos proches.
Comme d’habitude sur CNews, à 9 heures, Pascal Praud prend l’antenne pour son émission « l’Heure des pros ». Au menu des discussions, ce mercredi 13 mai ? La tournée d’Emmanuel Macron en Afrique , qui s’achève en Ethiopie après un passage en Egypte et au Kenya. C’est parti ! Une introduction de l’animateur-propagandiste pour donner le ton, puis la parole passe entre les cinq chroniqueurs. Sur le plateau, celui qui se fait remarquer ce jour-là pour ses propos racistes s’appelle Vincent Hervouët.
Cet ancien journaliste de LCI s’est reconverti éditorialiste dans les médias Bolloré en 2017 : habitué de la chaîne d’extrême droite, il est aussi dans la matinale d’Europe 1 et tient une chronique hebdomadaire dans le « JDNews ». C’est « notre expert international, mais pas que » , le présente Pascal Praud ce matin-là. Moins de quinze minutes après le début de l’émission, cet « expert » maison livre son analyse :
Durant ces trente secondes de monologue raciste, le plateau est muet. Sur un plan large, on voit Mayalène Trémolet et Thomas Bonnet, journalistes politiques sur Europe 1 et CNews, jeter un regard en direction d’un Pascal Praud silencieux. Alors Vincent Hervouët continue dans son outrance : « Vous avez un maire malien à Saint-Denis mais la France elle est… » Le présentateur, bras croisé, le coupe mollement : « Non, vous avez un maire français à Saint-Denis. » L’éditorialiste balaie : « Oui, mais d’origine malienne à Saint-Denis. Et vous [la France] êtes indésirable au Mali. On a été chassé du Mali. »
Ces déclarations ne suscitent aucune réaction. « D’ailleurs, vous avez vu que madame [Marion] Maréchal avait parlé de Bally Bagayoko » , poursuit l’air de rien Pascal Praud, non sans écorcher le nom du maire insoumis. Il évoque ensuite un « privilège rouge » qui expliquerait que « personne ne l’attaque dans l’espace médiatique » . « Tout le monde est aux abris parce qu’on se dit “si on l’attaque, on va me traiter de raciste” » , tient-il bon d’ajouter avant de « referme[r] la parenthèse » . Une « parenthèse » qui ne sera pas diffusée sur les réseaux sociaux de chaîne.
Portrait « Je ne demande pas la permission pour prendre mes responsabilités » : Bally Bagayoko, l’insoumis qu’on n’attendait pas
