La députée écologiste Sandrine Rousseau le 3 février 2026 à l'Assemblée nationale - QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Aux yeux de Sandrine Rousseau, "toute une société" est en cause dans l'affaire Lyhanna . La députée écologiste pointe une responsabilité collective ce lundi 8 juin, quatre jours après que le corps de cette fillette de 11 ans a été identifié dans le Gers, sur fond de polémique concernant le traitement judiciaire des plaintes pour viols sur mineures visant le principal suspect.
"C’est toute la société qui affaiblit, qui minimise la gravité des violences sexuelles et particulièrement sur les enfants", déclare Sandrine Rousseau au micro de Sud Radio. Avant d'expliquer un peu plus tard:
"Pour le moment, ces violences ne sont pas considérées comme graves, prioritaires et comme des troubles à l’ordre public, donc à la stabilité de la société. C’est cela qui dysfonctionne."
Aussi, la parlementaire de Paris s'inscrit en faux face aux propos d'Emmanuel Macron, qui a estimé en marge de l'affaire que "ce n'est pas une question de moyens" mais de "responsabilités" qui devront être établies par les enquêtes administratives.
"C’est un problème de moyens. On ne va pas pouvoir ouvrir la question des violences sexuelles dans la société et dire à tous les enfants qui ont été victimes, dire à tous les adultes, particulièrement les femmes, d’aller déposer plainte sans avoir une révolution de la justice", oppose-t-elle au président de la République.
Cette révolution, Sandrine Rousseau souhaite qu'elle se caractérise non seulement au niveau des "moyens", mais aussi en termes d'"instructions" et de "prise en compte de la parole des enfants", qui "pour la plupart ne sont pas crus", dénonce-t-elle.
Comme La France insoumise, l'élue verte réclame la démission du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, "mais ce serait trop facile que l’on se contente de cela, parce que l’on aurait eu une tête et alors on estimerait que le problème est réglé", insiste-t-elle. Et d'ajouter: "Ce n’est pas du tout le sujet. Le sujet, c’est: est-ce que la société française est aujourd’hui en capacité de regarder avec sérénité et objectivité la récurrence des violences sexuelles?"
Dans l'affaire Lyhanna, une plainte concentre les critiques: celle-ci avait été déposée le 22 août 2025 à Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne) par la mère d'une fillette de 11 ans, pour des viols commis entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile du suspect.
Après avoir réalisé plusieurs actes d'enquête, dont des examens médicaux-légaux corroborant les déclarations de la petite fille, le parquet de Toulouse s'était dessaisi au profit de celui d'Auch, territorialement compétent. Transmis par la Poste fin 2025, le dossier n'a été adressé par le parquet d'Auch à la gendarmerie de Lectoure que le 9 janvier 2026.
Et malgré des "éléments d'enquête assez accablants", le suspect n'avait toujours pas été entendu au moment de la disparition de Lyhanna, a déploré dimanche soir sur France 2 le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
