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parlementvia L'Express··2 min de lecture

Cadmium : l'Assemblée vote pour réduire la surexposition des Français

Personnalités citées :Benoît BiteauClémentine Autain
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Le contexte

Le cadmium est un métal lourd toxique présent dans de nombreux aliments, notamment à cause des engrais phosphatés utilisés en agriculture. Depuis plusieurs années, des alertes ont été lancées concernant la surexposition des Français à ce contaminant, entraînant des préoccupations sanitaires. L'Assemblée nationale a récemment débattu d'une proposition de loi pour réduire cette exposition.

Ce qu'il faut retenir

L'Assemblée nationale a voté une proposition de loi visant à réduire l'exposition des Français au cadmium, avec 144 voix pour et 22 contre. Le texte prévoit une diminution progressive des taux maximums autorisés de cadmium dans les engrais phosphatés, passant de 90 mg/kg à 40 mg/kg en 2027, puis à 20 mg/kg en 2030. Cette mesure a été soutenue par la gauche et certains groupes centristes, tandis que l'extrême droite et une députée LR s'y sont opposées. Les autorités sanitaires alertent sur des niveaux d'exposition jugés critiques, notamment chez les jeunes enfants.

Ce que ça change

Cette loi marque une avancée significative dans la lutte contre la pollution par le cadmium en France, répondant à des préoccupations de santé publique. Elle pourrait également influencer les pratiques agricoles et les relations commerciales avec des pays fournisseurs d'engrais. Le débat se poursuivra au Sénat, où des ajustements pourraient être envisagés.

L'article complet

Source originale sur lexpress.fr

Quinze ans après les premières alertes concernant la surexposition des Français au cadmium , l’Assemblée nationale a adopté mercredi 3 juin une proposition de loi écologiste visant à réduire l’exposition de la population à ce métal lourd particulièrement toxique, présent dans de nombreux aliments du quotidien. Le texte a été largement approuvé (144 voix contre 22) et défendu notamment par la gauche, ainsi que par les groupes MoDem, Horizons et Renaissance, tandis que l’extrême droite et une députée LR s’y sont opposées. Il prévoit de diminuer progressivement les taux maximums autorisés de ce contaminant, présent principalement dans des engrais phosphatés utilisés en agriculture, qui s’accumule ensuite dans les sols puis dans la chaîne alimentaire.

L’exécutif défendait une baisse très progressive, invoquant des enjeux de compétitivité et de souveraineté agricole. Pour convaincre un maximum de groupes de rallier leur proposition de loi, ses rapporteurs écologistes Benoît Biteau et Clémentine Autain ont quant à eux dû adoucir leur texte. La première mouture, déposée fin 2025, visait l’interdiction pure et simple des engrais phosphatés contenant du cadmium.

La mesure adoptée fixe finalement une trajectoire plus rapide que celle défendue par le gouvernement : les engrais phosphatés devront contenir au maximum 40 mg/kg de cadmium à partir de 2027, puis 20 mg/kg en 2030. À titre de comparaison, la réglementation actuelle en France autorise jusqu’à 90 mg/kg, alors que l’Union européenne a déjà abaissé le seuil à 60 mg/kg depuis 2022, et que certains pays européens — comme la Finlande, la Hongrie, la Slovaquie ou encore la Roumanie — appliquent déjà 20 mg/kg.

Les données sanitaires renforcent l’urgence du sujet : selon un rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) publié en mars dernier, près de la moitié de la population française, ainsi que la totalité des jeunes enfants de 2 à 3 ans, dépasseraient les niveaux d’exposition jugés critiques. C’est trois à quatre fois plus que de nombreux voisins européens.

Le cadmium, classé cancérogène depuis 1993, est associé, depuis quelques années et dans un débat qui prête à controverse, à plusieurs pathologies graves, dont des risques accrus de cancers du rein ou du poumon ainsi qu’à des troubles rénaux, cardiovasculaires ou osseux. Depuis 2021, les autorités sanitaires (Santé Publique France notamment) alertent en particulier sur une forte hausse des cancers du pancréas en France depuis plusieurs décennies, potentiellement liée à cette exposition. La réalité scientifique est cependant plus complexe, comme l'expliquait l'an dernier L'Express dans une enquête .

Après le vote à l'Assemblée, le gouvernement et plusieurs acteurs de l’agriculture ont critiqué une trajectoire jugée trop rapide, évoquant des risques sur l’approvisionnement en engrais et la dépendance à certains fournisseurs comme le Maroc. Malgré ces réserves, les députés écologistes et leurs alliés estiment nécessaire d’accélérer la transition. Le texte doit désormais être examiné au Sénat.

Texte extrait depuis l'article original sur lexpress.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur lexpress.fr.

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