À partir de ce mardi 16 juin, le test de dépistage au cadmium est remboursé par l’Assurance maladie pour certains patients selon plusieurs critères. On vous fait le point
Les Français peuvent désormais se rendre dans un laboratoire de ville dès ce mardi 16 juin pour effectuer un dépistage au cadmium et pourront être remboursés par l’Assurance maladie.
Ce test, à un prix de 27,50 euros, est remboursé à hauteur de 60 % par l’Assurance maladie et le reste par la complémentaire santé. Le patient devra toutefois régler 2 euros de « participation forfaitaire » qui restent à sa charge sur chaque acte de biologie médicale , comme pour toute consultation chez le médecin.
Ce test est surtout destiné aux personnes qui habitent sur un sol reconnu par les autorités comme étant pollué, et aux patients surveillés en raison d’une intoxication chronique au cadmium liée à leur lieu de résidence. En 2024, la Haute autorité pour la santé préconisait de dépister les résidents « potentiellement surexposés » à des territoires aux sols géologiquement riches en cadmium dont un dans le Sud-Ouest, la Charente. Ce test s’étend également à d’autres secteurs en Champagne, dans le Jura, le Massif, il est également conseillé aux riverains de 7 000 sites pollués par une implantation industrielle, qui peuvent être contaminés en inhalant des poussières ou en ingérant des aliments cultivés localement.
« Mais on n’exclura pas les personnes vivant hors de ces sites qui pourraient être sur-imprégnés », a précisé mi-mai le ministère de la Santé.
Concrètement ce dépistage va mesurer le dosage de cadmiurie, appelée également cadmium, par l’urine. Il est prescrit par un médecin et en cas de cadmiurie élevée chez un patient, un dosage du cadmium dans le sang, réalisé en complément, sera également pris en charge.
Mais, d’après le docteur Robert Garnier, auteur du rapport de la Haute autorité de santé, ce test est à réaliser à plusieurs reprises durant sa vie puisqu’une fois accumulé « le cadmium diminue très lentement ». « En conséquence, la quantité de cadmium présente dans l’organisme augmente avec l’âge : il faut donc surtout, à tous les âges, contrôler les apports » dans l’organisme.
Dans un rapport publié en mars, l’Anses confirme que, hormis le tabac, l’alimentation est en France la principale source d’exposition au cadmium , classé comme « cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction ». L’imprégnation des sols est largement due aux pratiques agricoles et notamment à l’utilisation d’engrais phosphatés. Toujours d’après le Docteur Robert Garnier, en cas de surexposition au cadmium, « il n’existe pas de médicament ».
