Alors que la signature d’un accord de paix est attendue vendredi, le gouvernement s’attend à une baisse rapide des prix à la pompe alors que certains experts appellent à la patience jusqu’à la fin de l’année
C’est peut-être la question qui reviendra le plus une fois l’accord de paix signé entre les États-Unis et l’Iran signé : est-ce que le prix du pétrole retrouvera son niveau d’avant la guerre au Moyen-Orient ? S’il est difficile de présager le futur, une chose est sûre, les principaux acteurs du domaine ne sont pas toujours optimistes.
« Si cet accord est mis en place, que le détroit d’Ormuz rouvre dans les plus brefs délais, alors on observera une baisse du cours du Brent et donc du prix du baril », a expliqué lundi 15 juin sur RTL la porte-parole du gouvernement et ministre chargée de l’Energie Maud Bregeon. « Les prix à la pompe devront refléter les baisses des cours du Brent », a-t-elle ajouté alors que les cours du pétrole brut ayant plongé lundi de 5 %. Elle souhaite également que ces diminutions soient « aussi rapides que les hausses l’ont été » au début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, déclenchée fin février.
Se voulant « optimiste » sur la finalisation de l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, qui doit être signé vendredi, Maud Bregeon a insisté sur la nécessité que les baisses à la pompe interviennent « aussi rapidement que les hausses qui ont été observées il y a quelques mois ». Elle a précisé que le gouvernement maintenait « un dialogue constant avec l’ensemble des distributeurs » car, « derrière, c’est le pouvoir d’achat des Français, donc personne ne peut profiter de cette crise ». Espoir également partagé par Olivier Gantois, le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip) : « On doit s’habituer à ces prix tant que le conflit perdure, mais pas à long terme. Le jour où la guerre sera terminée, on retrouvera les prix que l’on avait avant fin février », estime-t-il ce lundi sur le plateau de Bonjour ! La Matinale de TF1.
De son côté, l’économiste Philippe Chalmin, spécialiste des marchés des matières premières et directeur du centre CyclOpe, estime également sur Franceinfo que les prix des carburants vont « probablement » baisser « d’ici quelques semaines ». « Grossièrement, on peut imaginer que les Français passeront leur été probablement en dessous de 2 euros le litre. Vers la fin de l’année, on pourrait se retrouver dans des zones de prix entre 60 et 70 dollars le baril », précise-t-il. Un tel niveau rappellerait ainsi celui d’avant le conflit. Un scénario possible uniquement « si tout se passe bien, si l’accord est effectivement signé vendredi, si le détroit d’Ormuz est réouvert, etc. »
Un scénario plutôt optimiste si l’on compare à une note publiée en mai par JP Morgan et qui se projette sur l’évolution des prix du carburant au cours de l’année. Relayée par la BBC et Courrier International , la banque américaine « suggère que les prix devraient se maintenir autour de 100 dollars pendant la majeure partie de l’année, avec une moyenne de 97 dollars pour l’ensemble de 2026 ». Et ce, même avec une réouverture du détroit d’Ormuz puisque le problème se posera ensuite « vers la disponibilité des navires pétroliers, la montée en puissance des raffineries et d’autres contraintes logistiques plus générales ». « Même si le détroit d’Ormuz rouvrait aujourd’hui, il faudrait des mois pour que le marché se rééquilibre. Et si sa réouverture est retardée de quelques semaines supplémentaires, le retour à la normale n’interviendra pas avant 2027 », avait même déclaré Amin Nasser, PDG du groupe pétrolier saoudien Aramco, le 11 mai. Malgré un accord potentiellement proche d’être signé, le retour à la normale ne devrait pas être pour tout de suite…
