Lors du débat budgétaire sur fond de coupes claires dans le secteur de la formation professionnelle, l’État a été pris pour cible par la Région dont les fondamentaux budgétaires s’améliorent
« J’enrage », lance Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine en début de séance plénière. Les sujets ne manquent pas : décentralisation en panne, industrialisation… Cette fois l’objet du courroux porte sur la formation professionnelle. La dotation de l’État passera de 134 millions à 33 ...
« J’enrage », lance Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine en début de séance plénière. Les sujets ne manquent pas : décentralisation en panne, industrialisation… Cette fois l’objet du courroux porte sur la formation professionnelle. La dotation de l’État passera de 134 millions à 33 millions. La Région devra se contenter de 5 millions au lieu des 40, initialement prévus. Or celle-ci a engagé 50 millions d’euros pour la rénovation des CFA : « Invraisemblable, alors que l’action des Régions réussissait là où l’État échouait… Quand les tableaux Excel rayent, sur un coup de tête, le travail régional. » Un coup de rabot qui s’ajoute aux tours de vis (moins 260 millions en trois ans) de Paris, pour combler le déficit de l’État.
Malgré cela, la Nouvelle-Aquitaine fait figure d’exception. Dans un rayon de 500 mètres du quartier Mériadeck à Bordeaux qui abrite les grandes collectivités, elle est la seule à ne pas être en zone rouge. Le Département de la Gironde se soumet à une tutelle qui ne dit pas son nom de la Chambre régionale des comptes ; la Métropole comme la Ville de Bordeaux sont placées dans le « réseau d’alerte » de la Direction des Finances publiques. Cela fait quelques exercices que la Région baisse la voilure pour « allier maintien des politiques publiques et amélioration des ratios. Nous faisons des choix tristes mais efficaces et lucides parce que je n’ai pas confiance dans la manière dont l’État gère son budget » , dixit Alain Rousset.
Plus de 3 milliards de budget, 855,5 millions d’investissement. La capacité de désendettement baisse en passant de 9,2 années à 8,9 ans en 2026, pour un atterrissage espéré à 8 % en 2027 (le seuil d’alerte est à 12 ans). Des mesures d’économies ont été prises pour limiter les dépenses, brisant au passage un tabou dans les collectivités : la fin du remplacement systématique des départs en retraite.
Pas suffisant, pour l’opposition. Guillaume Guérin, maire LR de Limoges, souligne : « La baisse de 18 % des investissements. Le redressement des comptes passe par la maîtrise du fonctionnement, l’en-cours de la dette continue d’augmenter. » Réponse de Sandrine Derville, vice-présidente en charge des finances : « Le fonctionnement, ce sont les trains, les lycées… Je ferme quelle ligne, quel lycée ? » Edwige Diaz (RN) pointe : « Un monde rural sacrifié » dans les choix opérés par la Région.
Le Corrézien Pascal Costes (LR) prend acte des efforts engagés : « Mais il y a des travers durables. On a oublié ce proverbe : aide-toi et le ciel t’aidera. On sait qu’il va falloir compter sur nos propres moyens. » Il défend : « Un indispensable plan de résilience sur l’ensemble des politiques. Il faut faire plus d’efforts parce que nous avons besoin d’une région forte. » « C’est ce que nous faisons, répond Alain Rousset. Donc il ne faudra plus que les élus de tous les bords viennent me trouver et me demander de prendre en charge ici une tribune, là une maison de santé, un parc aquatique… »
