Une bonne nouvelle pour les automobilistes… pour l’instant. Le gazole, carburant le plus consommé par les Français et dont les prix avaient flambé sur fond de guerre en Iran, est repassé vendredi sous la barre des deux euros le litre, selon les chiffres fournis ce lundi 15 juin par la direction générale de l’Énergie et du Climat (DGEC), rattachée au ministère de la Transition écologique.
Alors même qu’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran a été seulement annoncé et ne devrait être signé que vendredi à Genève , le prix moyen du litre de gazole a déjà reculé de près de 2 centimes, passant à 1,995 euros vendredi, contre 2,014 la semaine précédente. Comme vous pouvez le voir sur le graphique ci-dessous , cette évolution ramène le gazole à son niveau du début de la guerre.
Il n’était pas passé sous la barre symbolique des 2 euros depuis début mars dans les mesures de la DGEC, souligne l’AFP. D’après les relevés de la direction générale, le prix moyen du litre de gazole a connu son pic en avril, à 2,239 euros. Depuis le 1er juin, il s’établit à 2,005 euros. Toujours selon cette même source, les prix du SP98, du SP95 et du SP95-E10 évoluent eux aussi à la baisse.
Un autre calcul, réalisé par l’AFP à partir des prix rapportés par quelque 9 578 stations à un site gouvernemental, était légèrement moins optimiste. Il estimait le prix moyen du litre de gazole à 2,010 euros, encore au-dessus de la barre des 2 euros. Depuis le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l’Iran, le gazole a pris 29 centimes au litre en France hexagonale, soit un bond de 16 %, selon cette méthode.
Sébastien Lecornu a assuré lundi sur le réseau social X que même si une baisse des cours du pétrole était attendue depuis l’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, les aides pour compenser la hausse globale des prix des carburants seraient versées « comme convenu » .
Le Premier ministre a confirmé en outre que le gouvernement serait « vigilant » à la baisse des prix à la pompe si les cours du pétrole diminuent. Face à la crise au Moyen-Orient, le gouvernement avait annoncé 710 millions d’euros d’aides nouvelles dans divers secteurs pour faire face à la hausse du prix du carburant, qui a percuté de plein fouet l’activité économique.
Les baisses des prix à la pompe sont le reflet de la baisse des prix du baril constatée en ce début de semaine. Le baril de Brent, référence pour le marché du pétrole, a en effet déjà fondu de plus de 10 dollars en une semaine : à 94 dollars le 8 juin, il s’échangeait ce lundi autour de 83 dollars.
« Du coup, mécaniquement, les cotations de produits finis [les carburants, ndlr] » sur le marché de référence à Rotterdam « se sont beaucoup détendues cette semaine » , a souligné Blandine Ruty, secrétaire générale du syndicat de l’industrie pétrolière française (Ufipem) citée par l’AFP. « Qui dit cotations qui se détendent, dit détente des prix à la pompe » , a-t-elle souligné.
« C’est vrai qu’on a eu beaucoup d’annonces d’accords imminents, etc., qui ne se sont pas produits , a reconnu l’experte interrogée par l’agence de presse, mais il y a eu quand même une espèce de retour de confiance ces 15 derniers jours et surtout la semaine dernière » . « Le marché était déjà préparé à un accord » , et cela « depuis plusieurs semaines » , abonde Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management. Reste à voir si ce sentiment va s’éterniser.
D’autres experts cités par l’AFP ce matin se montraient prudents, notamment sur le point de savoir combien de temps sera nécessaire pour que le Moyen-Orient retrouve une complète stabilité. Persiste aussi le risque que « les négociations échouent » , pointait Arne Lohmann Rasmussen, selon qui un tel échec devrait faire remonter la prime de risque du pétrole.
