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Le président américain menace de nouveau de taxer les vins et spiritueux français à l’import aux États-Unis. Cette fois, les produits pourraient se voir appliquer des tarifs douaniers prohibitifs de 100%.
Donald Trump agite de nouveau la menace de la taxation des vins et spiritueux français . En cause : une taxe instaurée par la France sur les services numériques réclamée aux entreprises technologiques comme Facebook, Amazon, et Apple, que Donald Trump souhaite voir supprimée. Sans quoi ce dernier n’aurait « pas d’autre choix que d’imposer un droit de douane de 100 % sur tous les champagnes et tous les vins en provenance de France», comme il l’a affirmé lors d’un entretien accordé au New York Post publié ce lundi 15 juin.
« À ce stade, nous ne disposons pas d’éléments précis permettant d’en comprendre pleinement le contexte et la portée. Cette nouvelle menace est en tout cas une mauvaise nouvelle pour notre filière, fortement exportatrice » a commenté la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux. Du côté des vignerons français, l’incertitude plane de nouveau. Notamment pour la région bordelaise , pour qui les États-Unis sont le premier marché à l’export avec 30 millions de bouteilles expédiées en 2025. Alors que la région traverse déjà un contexte de déconsommation complexe, ses vignerons accusent le coup : « Cela fait encore une chose qui ne nous arrange pas », déplore Coraline Moreaud, propriétaire du château Cormeil-Figeac à Saint-Émilion , pour qui les exports aux États-Unis représentent 10% de son chiffre d’affaires. Cette dernière est désormais « en attente de précisions », comme ses confrères implantés dans le reste du territoire viticole français.
Jérôme Durand, directeur général de la maison champenoise Canard-Duchêne dit rester en observation car « on ne sait jamais de quelle manière ça va se réaliser ou pas ». À chaque menace, la tension plane pour ce chef d’entreprise qui gère une filiale de la marque familiale États-Unis: « On se demande toujours si on va pouvoir continuer à conserver ces opérations. » En effet, le secteur observe depuis maintenant des années les allées et venus de Donald Trump en termes de taxation. En janvier 2026, le président américain avait brandi la menace de 200% de taxes sur les vins et spiritueux français. Lors de son premier mandat, ce dernier avait appliqué une taxe de 25% qui a profondément marqué Gaylord Petrillo co-propriétaire du château de la Gréffiere dans le Mâconnais . Ce dernier avait dû assumer une baisse de son chiffre d’affaires de 17%.
Mais la supercherie dure depuis trop longtemps pour ces vignerons, et il semblerait que le président américain commence à perdre en crédibilité : « Il commence par frapper et puis, il discute. Donc là, il annonce 100% pour nous faire passer peut-être 15% de plus », imagine Gaylord Petrillo. Les vignerons qui sont désormais des habitués de ce genre de menaces, tentent de les apprivoiser : « Nous sommes beaucoup plus philosophes maintenant. Ça lui arrive de prendre une décision, et qu’elle soit annulée très rapidement. C’est un enfant de quatre ans qui conduit une Formule 1. Donc, maintenant, on reste à l’écoute et puis on applique ce qui se passe », essaie de relativiser le propriétaire bourguignon.
Il n’en reste pas moins que l’effet d’annonce continue de faire son effet auprès des professionnels du secteur : « Cela refroidit toujours les importateurs, les distributeurs qui se disent, “les vins français ont des taxes”, et même par rebond, certains consommateurs se disent “ les vins français sont taxés, donc c’est cher”. » Les exportations de vins et spiritueux français vers les États-Unis avaient chuté de 21 % en 2025, selon la fédération des exportateurs français, conséquence directe de la politique de Donald Trump. L’organisme reste donc sur ses gardes : « Nous appelons à la responsabilité et au maintien d’une relation commerciale équilibrée et constructive entre la France et les États-Unis, dans l’intérêt des deux économies », a déclaré l’organisme.