L’ancien maire de Saint-Étienne est jugé en appel pour chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics à partir de ce lundi 8 juin à Lyon. Le 1 er décembre 2025, il a été condamné en première instance à cinq ans de prison, dont quatre ferme, ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.
L’ancien édile de Saint-Étienne, Gaël Perdriau , est jugé en appel à partir de ce lundi 8 juin, six mois après avoir été déclaré « entièrement coupable » . Il avait alors été condamné à de la prison ferme pour un chantage à la sextape auprès de son premier adjoint.
Alors qu’il continue de clamer son innocence, il comparaît pendant cinq jours devant la cour d’appel de Lyon pour chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics. Le 1 er décembre 2025, il avait été condamné à cinq ans de prison, dont quatre ferme, et cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire. Il a donc passé deux mois derrière les barreaux cet hiver.
Son ancien directeur de cabinet Pierre Gauttieri, qui a écopé de deux ans de prison ferme en première instance, n’a pas fait appel du premier jugement. L’ancien maire va toutefois retrouver deux co-prévenus, qui ont mis en œuvre le sordide traquenard.
L’ex-adjoint à l’Éducation, Samy Kéfi-Jérôme, et son compagnon d’alors, Gilles Rossary-Lenglet, condamnés à trois ans ferme, ont admis avoir piégé l’ancien premier adjoint Gilles Artigues en le filmant à son insu en 2015 dans une chambre d’hôtel parisien avec un jeune prostitué qu’ils avaient recruté.
Une vidéo utilisée les années suivantes pour museler, au conseil municipal, l’ancien député UDI, soupçonné de vouloir prendre ses distances après avoir contribué à l’élection du LR Gaël Perdriau à la mairie grâce à une alliance entre leurs deux partis.
Lors de l’instruction et du premier procès, Gilles Rossary-Lenglat, qui a révélé le scandale à Mediapart en 2022, et Pierre Gauttieri, ont assuré que le maire était le commanditaire de ce film. Les auteurs du piège ont par ailleurs été rémunérés via des subventions fictives à des associations stéphanoises.
Des faits « d’une extrême gravité » pour des élus « ignorant de leurs devoirs de dignité et d’exemplarité » , avait implacablement jugé le tribunal correctionnel de Lyon, l’obligeant aussi à quitter immédiatement la mairie de Saint-Étienne .
À 53 ans, Gaël Perdriau « attend la vérité, à laquelle ne correspond pas le jugement de première instance, une erreur judiciaire » , a affirmé son avocat, Jean-Félix Luciani, dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse. « Nous redirons tout simplement qu’il est innocent de tout » , a-t-il ajouté.
L’ancien édile a reconnu avoir été informé de l’existence d’une vidéo dès 2015 mais affirme ne l’avoir jamais visionnée et s’en être toujours « désintéressé » , pensant qu’il s’agissait de « jeux » entre « adultes consentants » .
Chantage à la sextape : le maire de Saint-Étienne condamné à 5 ans de prison dont 4 ans ferme
Une défense qui peine à être prise au sérieux : dans des enregistrements audios de Gaël Perdriau, réalisés à son insu par Gilles Artigues en 2017 et 2018, il mentionne une vidéo « où on voit ce qu’il y a à voir » et ajoute : « une fois que c’est sur les réseaux sociaux, c’est plus du chantage (…), c’est une exécution » .
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Chantage à la sextape : l’ex-maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, de retour au tribunal
