La Nouvelle-Aquitaine est la première collectivité à se doter d’un arsenal pour lutter contre les violences et harcèlements sexuels et sexistes. Désormais, les financements peuvent être coupés
La Nouvelle-Aquitaine est la première région à mettre en œuvre un dispositif de lutte contre les violences et harcèlements sexuels et sexistes (VHSS) dans la sphère culturelle. Le dispositif a été adopté à une très large majorité par les élus régionaux ce mardi 16 juin...
La Nouvelle-Aquitaine est la première région à mettre en œuvre un dispositif de lutte contre les violences et harcèlements sexuels et sexistes (VHSS) dans la sphère culturelle. Le dispositif a été adopté à une très large majorité par les élus régionaux ce mardi 16 juin. « Il est de la responsabilité de notre collectivité de refuser la loi du silence, de veiller à l’attention et à l’accueil de la parole, dans le respect des obligations légales », explique Charline Claveau, vice-présidente du Conseil régional en charge de la culture . Un dispositif permettant de fixer un cadre exigeant aux structures culturelles aidées.
Partie de zéro ou presque, la lutte contre les VHSS s’est imposée à l’ensemble de la société en quelques années. Au monde culturel en particulier. C’est à ce secteur que l’on doit la lame de fond, la vague #MeToo, dans le sillage de l’affaire Weinstein en 2017. Il a fallu attendre la plainte de l’actrice Judith Godrèche à l’encontre de Benoît Jacquot pour viols avec violences sur mineure en 2024 pour que le cinéma et, par extension, tout le secteur culturel prenne conscience de l’ampleur du phénomène.
« Le culte rendu à l’art a trop longtemps excusé des abus et a banalisé les pires souffrances », déplorait il y a quelques jours le député Erwan Balland (MoDem), qui, avec Sandrine Rousseau (Les Écologistes), a déposé un projet de loi spécifique visant « à lutter contre les violences morales, sexistes et sexuelles dans la culture » .
Le sujet s’est invité dans le champ institutionnel, car les collectivités accompagnent le monde de la culture. Un millier de structures sont financées à divers degrés par la Région Nouvelle-Aquitaine. « Une dizaine de cas de VHSS nous ont été signalés, indique Charline Claveau. Il existait un angle mort. Il a fallu poser un cadre clair pour les salariés et les personnes qui interagissent dans les structures. Il nous fallait un fondement juridique que nous n’avions pas. » Il est désormais en vigueur.
Le travail a été préparé, avec le déploiement depuis quelques mois de campagnes de formation et de sensibilisation dans les structures aidées. Désormais, en cas de signalement ou d’alerte, les bénéficiaires des subsides régionaux doivent obligatoirement informer la collectivité de son existence, de son contenu et des suites qui lui ont été données (enquête interne, plaintes…). Le tout assorti d’un autre impératif : garantir l’anonymat du lanceur d’alerte. « En cas de manquement à cette obligation, la subvention de la Région pourra être baissée, suspendue, retirée ou refusée selon le moment où ce manquement est constaté », résume la vice-présidente.
Les opérateurs culturels aidés devront signer une charte d’engagement contre les discriminations et contre les violences et harcèlements sexistes et sexuels, qui s’appliquera au premier euro versé.
