Le tribunal de Paris doit rendre sa décision ce mardi 9 juin dans le procès intenté par Sophie Djigo contre neuf prévenus, dont Éric Zemmour et deux élus RN. L’enseignante les accuse d’avoir déclenché une campagne de haine en ligne après une sortie scolaire à Calais.
Le tribunal de Paris doit rendre sa décision ce mardi 9 juin dans le procès pour diffamation intenté par Sophie Djigo, professeure de philosophie et chercheuse spécialiste des migrations . Neuf prévenus sont poursuivis, parmi lesquels le président de Reconquête, Éric Zemmour, les élus RN Alexandre Dufosset et Joshua Hochart, ainsi que des membres du collectif « Parents Vigilants ».
Cinq internautes avaient déjà été condamnés en mars pour leur participation à la campagne de cyberharcèlement subie par l’enseignante. Cette fois, le tribunal doit se prononcer sur la responsabilité de ceux que Sophie Djigo considère comme les déclencheurs de cette vague de haine. Elle leur reproche d’avoir publiquement présenté un projet pédagogique mené avec ses élèves comme une entreprise de propagande.
Des accusations qui, selon la plaignante, ont directement contribué à déclencher une violente campagne de cyberharcèlement à son encontre. Sophie Djigo réclame 10 000 euros de dommages et intérêts ainsi que la suppression des publications mises en cause.
L’affaire remonte à novembre 2022. Sophie Djigo enseigne alors la philosophie en classe préparatoire au lycée Watteau de Valenciennes, dans le Nord. Dans le cadre d’un projet pédagogique consacré à « l’exil et aux frontières », voté et financé par son établissement, elle organise avec deux collègues une sortie à Calais auprès de l’association l’Auberge des migrants.
Sophie Djigo, la professeure cyberharcelée qui poursuit Éric Zemmour et deux élus du RN pour diffamation
Le 28 novembre, les détails du programme sont rendus publics sur les réseaux sociaux par le collectif « Parents Vigilants », proche de Reconquête . Celui-ci accuse alors l’enseignante d’ « imposer son idéologie » à ses élèves. Le parti d’Éric Zemmour diffuse ensuite un communiqué dénonçant une « propagande » . Quelques heures plus tard, son président publie sur X : « Le grand endoctrinement au service du grand remplacement. » Des élus RN des Hauts-de-France relaient à leur tour un texte mettant en cause l’enseignante et dénonçant une « propagande pour l’immigration ».
Dans les heures qui suivent, des centaines de messages haineux visent la professeure : insultes, menaces de mort et de viol, diffusion de ses coordonnées personnelles. « J’ai été attaquée de manière très violente parce que j’ai fait mon métier , expliquait-elle. C’est violent d’être déshonorée publiquement. Évidemment, il y a un lien entre les personnes qui se sont senties autorisées à me menacer de mort et les communiqués de presse des partis politiques. »
C’est pied à pied, argument contre argument qu’il faut combattre l’extrême droite. Et c’est ce que nous faisons chaque jour dans l’Humanité.
Face aux attaques incessantes des racistes et des porteurs de haine : soutenez-nous ! Ensemble, faisons entendre une autre voix dans ce débat public toujours plus nauséabond. Je veux en savoir plus.
Cyberharcèlement d’une enseignante : Éric Zemmour et deux élus RN jugés ce mardi pour diffamation
