Ce mercredi, les enseignants du privé se mobilisent et appellent à la grève pour manifester contre la suppression annoncée d’un de leurs rares acquis, leur système de prévoyance. Décryptage
C e mercredi 27 mai, les enseignants du privé, réunis dans une intersyndicale rassemblant les quatre principaux syndicats représentatifs du secteur, sont dans la rue. Au total, une soixantaine de manifestations sont prévues en France, notamment devant les locaux de la Direction diocésaine de l’enseignement catholique (DDEC) à Bordeaux et à Pau, tandis qu’un préavis de...
C e mercredi 27 mai, les enseignants du privé, réunis dans une intersyndicale rassemblant les quatre principaux syndicats représentatifs du secteur, sont dans la rue. Au total, une soixantaine de manifestations sont prévues en France, notamment devant les locaux de la Direction diocésaine de l’enseignement catholique (DDEC) à Bordeaux et à Pau, tandis qu’un préavis de grève national a été déposé pour la période du 26 mai au 31 décembre 2026. Enfin, une manifestation intersyndicale est prévue à Paris ce jeudi 28 mai. En signe de protestation, les enseignants du secteur privé porteront un brassard noir pour dénoncer « l’enterrement de leur système de prévoyance ».
Dans l’œil du cyclone, la remise en cause du système de protection contre les accidents de la vie propre aux enseignants du privé, qui prévaut depuis 1978. Cette prévoyance garantit notamment un maintien de salaire de 95 % en cas de maladie, accident ou invalidité. Un contrat obligatoire pour tous, titulaires ou non, et un système financé à 1,05 % par l’établissement et 0,2 % par l’enseignant, sous forme de prélèvement sur le salaire. Or, depuis juillet 2024, ce régime de prévoyance est sur la sellette après dénonciation du contrat par la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec), l’organisme gestionnaire de la prévoyance et financeur du bâti, ayant rappelé ses obligations à l’État, employeur des personnels enseignants.
C’est dans ce contexte que le président de la Fnogec a annoncé dernièrement que cette prévoyance propre au privé serait remplacée par la prévoyance facultative déployée par l’État. « Mais ce système n’a rien à voir : il est plus onéreux (à peu près 600 euros annuels contre 75 euros) et bien moins protecteur », déplore Rudolph Cassaro, dénonçant la disparition annoncée du « seul acquis social » des enseignants du privé. « Sachant que notre salaire net est inférieur de 10 %, nous ne bénéficions pas du statut de fonctionnaire ni de la sécurité de l’emploi, tandis que notre retraite est calculée sur les 25 meilleures années et non sur la moyenne des six derniers mois. » Au-delà du débat de fond, les syndicats dénoncent « l’absence de négociations » et une « décision unilatérale ».
Pour la Fnogec, la mesure permettrait d’économiser pas moins de 60 millions d’euros annuels. « Nous sommes pourtant régis par la doctrine sociale de l’Église, qui consiste à prendre soin des élèves comme des personnels », observe le représentant Snec-CFTC, regrettant que prédomine aujourd’hui « une doctrine comptable ». « Cette mesure a pour conséquences une importante perte de pouvoir d’achat, un abandon total des enseignants, une déconsidération de l’investissement des enseignants, notamment dans les projets de classe. Enfin, c’est une rupture du contrat de confiance entre enseignants et établissements scolaires. »
