D’après une étude du syndicat SE-Unsa, le climat scolaire se dégrade lorsqu’il y a un nombre important d’élèves qui ont des besoins éducatifs particuliers. L’étude réclame notamment plus d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH)
Plus il y a d’enfants à besoins éducatifs particuliers dans une école, moins le climat scolaire est bon, selon une étude présentée mardi par le syndicat SE-Unsa, qui ne remet pas en question le principe mais demande plus d’accompagnement humain.
« Dans les écoles où plus de 20 % des élèves ont des besoins particuliers, 47 % des directeurs seulement décrivent un climat scolaire excellent/bon contre 68 % lorsque le taux » de ces élèves « est égal ou inférieur à 5 % », résume dans un communiqué le syndicat, qui a interrogé en ligne 2 810 directeurs d’écoles primaires publiques entre mai et décembre 2025.
« Plus il y a d’enfants à besoins éducatifs particuliers dans une école, moins le climat scolaire est bon, moins la qualité des relations est bonne », a assuré en conférence de presse Georges Fotinos, auteur de l’étude, qui y voit une « corrélation ». Selon Johanna Cornou, référente direction d’école du SE-Unsa, « cela ne remet en aucun cas en cause l’inclusion à l’école, mais ça montre les effets d’une inclusion qui est mal accompagnée, faute de moyens ».
Face à ce « facteur de tension », le syndicat réclame l’embauche d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) supplémentaires, notamment. Le syndicat, qui avait réalisé une étude comparable en 2013, affirme par ailleurs que « les différends explosent » entre directeurs d’école et parents : huit directeurs sur dix disent rencontrer un différend en 2025, contre quatre sur dix en 2013.
Les violences progressent également , avec un directeur sur deux déclarant avoir subi des insultes (23 % en 2013), six sur dix des menaces (27 %) et 2,5 % une agression physique (0,7 %). La confiance envers les directeurs « se fragilise », 81 % d’entre eux disant que les parents leur font confiance, contre 96 % en 2013.
Les parents remettent moins en cause la pédagogie dans les écoles du réseau prioritaire (16 %), que hors des REP et REP + (34 %), selon les réponses des directeurs. Nouvelle source d’inquiétude par rapport à 2013, le « chantage » des parents au départ vers un établissement privé, dont un directeur sur deux dit avoir à faire face.
Ce genre de « chantage » intervient quand une famille veut faire sauter une classe à son enfant, et que l’école publique refuse, ou que les parents ont la « fausse impression » qu’il y aura moins d’absences de professeurs dans le privé, rapporte Johanna Cornou. Le syndicat appelle le ministère à un plan de formation à la relation avec les familles, une augmentation des décharges pour les directeurs, et l’octroi « systématique » de la protection fonctionnelle notamment.
