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justicevia Sud Ouest··4 min de lecture

En difficulté dans l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin charge les procureurs

Personnalités citées :Gérald DarmaninMuriel JourdaJérôme BarellaCorinne NarassiguinMarie-Pierre de La GontrieFrançois Roujou de Boubée
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Le contexte

L'affaire Lyhanna concerne des accusations de violences sexuelles sur mineure, avec des critiques sur le traitement judiciaire de ces plaintes. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, est sous pression pour expliquer les dysfonctionnements au sein des parquets. Le débat sur les moyens alloués à la justice et la priorisation des plaintes pour viols est au cœur des discussions.

Ce qu'il faut retenir

Gérald Darmanin a critiqué le parquet lors de son audition devant la commission des Lois du Sénat, évoquant des défaillances dans le traitement de l'affaire Lyhanna. Il a affirmé que les antécédents de l'accusé étaient bien enregistrés, mais a soulevé des questions sur les retards dans le traitement de la plainte. Le ministre a insisté sur la nécessité de prioriser les plaintes pour viols, tout en rejetant la responsabilité sur les parquets. Des critiques ont également été émises concernant le manque de moyens et l'engorgement des services judiciaires.

Ce que ça change

Cette situation met en lumière les lacunes du système judiciaire français, notamment en matière de traitement des violences sexuelles. Les déclarations de Darmanin et les critiques des sénateurs soulignent la nécessité d'une réforme structurelle et d'un meilleur financement pour améliorer l'efficacité des services judiciaires. L'affaire pourrait également influencer les débats politiques sur la justice et les droits des victimes.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Le ministre de la Justice a une nouvelle fois mis en cause le parquet, cette fois devant la commission des Lois du Sénat, donnant des détails sur les procédures contre Jérôme Barella. Et en évacuant toute responsabilité de l’exécutif

L es consignes de la présidente de la commission des Lois du Sénat, Muriel Jourda, estimant qu’au regard des inspections en cours « ce n’est pas le moment aujourd’hui de revenir sur des dysfonctionnements individuels », n’ont tenu que quelques minutes. Face aux parlementaires, ce mardi 9 juin au matin, Gérald Darmanin, invité à s’expliquer sur l’affaire Lyhanna, a rapidement ciblé les magistrats du parquet.

Se basant sur « des remontées des procureurs généraux » et anticipant sur « ce que dira sans doute l’inspection », suscitant la gêne de la présidente de la commission, le ministre n’a pas eu de mots assez...

Se basant sur « des remontées des procureurs généraux » et anticipant sur « ce que dira sans doute l’inspection », suscitant la gêne de la présidente de la commission, le ministre n’a pas eu de mots assez durs contre les parquets de Toulouse et Auch qui avaient eu à traiter la plainte contre Jérôme Barella déposée par la mère d’une fillette en 2025. « Je crains qu’effectivement il y ait eu une défaillance des services des parquets et peut-être d’autres services de l’État », a asséné Gérald Darmanin.

Le ministre assure que les antécédents de Jérôme Barella étaient effectivement enregistrés dans les logiciels du parquet et de la gendarmerie, et qu’il n’y a « pas de retard numérique » dans les parquets d’Auch et Toulouse. Il indique par ailleurs que l’expertise médicale de la fillette était concluante, tout comme son expertise psychologique. « Il est incompréhensible que, neuf mois après la plainte, la personne n’ait toujours pas été mise en garde à vue et ses téléphones toujours pas saisis », poursuit le garde des Sceaux, affirmant qu’« à partir du 14 février, à ma connaissance, il n’y a plus aucun contact entre les services enquêteurs et le parquet ». Autant d’éléments qui posent évidemment question et qui devront être objectivés par l’inspection qui a débuté ce lundi à Toulouse. Le ministre assure, lui, se tenir prêt à « proposer des sanctions ».

Gérald Darmanin est moins enthousiaste pour envisager une toile de fond plus structurelle à ces éventuels dysfonctionnements. Balayant l’éventualité d’une incidence des difficultés rencontrées par la petite juridiction d’Auch, ou encore l’engorgement des services d’enquête, il martèle : « Ce qui nous manque dans cette histoire, c’est pas des nouveaux moyens, c’est simplement la priorisation des plaintes pour viol. » Et de brandir à nouveau sa circulaire de politique pénale enjoignant de prioriser les plaintes pour viols sur mineur. « Je constate que, tous les jours, les parquets poursuivent sur des sujets que je ne considère pas comme prioritaires, mais je ne peux rien faire », continue le ministre, s’abritant derrière l’impossibilité pour un ministre de donner des consignes individuelles aux procureurs.

« C’est une circulaire qui faisait cinq pages et dans laquelle vous, vous commencez par cibler le narcotrafic sur deux pages et puis vous évoquez les violences sexuelles contre les enfants avec seulement deux lignes », objecte la sénatrice PS Corinne Narassiguin. De son côté, l’Union syndicale des magistrats (USM) a recensé « soixante-quatre circulaires en 2025 et cinquante en 2026, qui ont submergé les parquets, incapables de les absorber à moyens constants », contredisant le ministre, qui assure n’avoir ciblé que « deux priorités » depuis sa prise de fonction. « Ce que l’on constate lorsque nous échangeons tous avec nos interlocuteurs du monde judiciaire, c’est qu’ils ne s’y retrouvent plus et que tout est prioritaire », objecte une sénatrice.

Plus embarrassant encore, alors que le garde des Sceaux a enjoint les parquets d’examiner en urgence 70 000 plaintes concernant des mineurs, le ministère avait été destinataire dès 2022 d’un rapport de l’Inspection générale de la justice sur le traitement des violences sexuelles faites aux enfants et qui dressait déjà un tableau alarmant. « Il indique que le taux de classement sans suite de ce type d’affaires est entre 50 et 84 % et que 30 % des dossiers n’avaient connu qu’un seul acte d’investigation parce que les policiers eux-mêmes sont totalement débordés, saturés, relève la sénatrice PS Marie-Pierre de La Gontrie. La conclusion de ce rapport disait que les retards de traitement sont en relation directe avec les moyens disponibles. »

« En sept ans, nous avons créé 2 000 postes de magistrats », répond le garde des Sceaux, pointant les budgets historiques alloués à la justice ces dernières années, mais qui n’ont pas permis de rattraper le retard abyssal pris par la France depuis des décennies.

Ce mardi après-midi, la charge la plus embarrassante pour le ministre n’est pas venue des politiques mais de la famille de Lyhanna, par l’intermédiaire de son avocat M e François Roujou de Boubée, qui exerce à Auch : « J’ai vu des gendarmes, des policiers, des magistrats et des greffiers crouler sous les piles de dossiers à traiter. […] J’ai vu des décisions de justice qui n’étaient pas appliquées, faute d’avoir du personnel pour pouvoir le faire. […] J’ai vu des instructions judiciaires pour viol durer des années parce qu’il n’y a pas assez de juges, pas de place en audience. » Et de conclure : « Attribuer la responsabilité de ce drame à l’institution judiciaire serait un non-sens absolu. […] Nous ne voulons pas de lois ou de réformes, nous ne voulons pas de récupération, juste des moyens et l’efficacité de ces moyens. Combien faudra-t-il de Lyhanna pour être entendus ? »

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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