Le collectif Scientifiques en rébellion propose aux universités de créer un label « sans IA génératives » afin de permettre aux étudiants de garder leur « autonomie » et leur « indépendance »
Un label « sans IA générative » pour les formations universitaires permettrait aux étudiants de garder leur « autonomie » et leur « indépendance », estime le collectif Scientifiques en rébellion qui en propose la création sur la base d’un « engagement moral » entre élèves et enseignants.
« Le label permettrait que les compétences acquises par les étudiants dans leur formation présentent des garanties de robustesse, d’autonomie et d’indépendance » et « pour les entreprises, il serait le signe qu’elles recrutent des étudiants capables de conserver leurs compétences d’analyse », estime le collectif dans un communiqué publié jeudi.
Le collectif, qui réunit des enseignants et des personnels académiques, juge que l’intelligence artificielle générative (IAg) utilisée par les étudiants et les enseignants pose de « nombreux problèmes », comme la « fraude, la non-acquisition de compétences, notamment rédactionnelles, la sélection automatique par des IAg de candidatures générées par des IAg ».
Cette charte « partirait d’un engagement moral » entre étudiants et enseignants : ne jamais utiliser l’IA pour corriger des copies ou construire des cours, ne pas utiliser l’IA pour « produire des contenus soumis à l’évaluation », proposer des cours « critiques sur l’IA » mais pas pour « former à l’IAg ». Selon le collectif, la création de ce label mettrait « au défi les institutions d’avoir plus d’ambitions que l’invocation des bons et mauvais usages de l’IAg ».
« L’IAg n’est pas un simple outil », poursuit le communiqué, citant ses « facettes peu attrayantes », comme le « gouffre en énergie et ressources » et l'« hégémonie de quelques multinationales aussi puissantes que des États ». Selon un sondage de l’institut Ipsos et d’école d’ingénierie informatique Epita publié en février, 40 % des étudiants reconnaissent avoir déjà utilisé l’IA pour réaliser tout ou partie d’un devoir, et près d’un sur deux dit s’en servir pour des exercices même lorsque cela est interdit .
Scientifiques en rébellion est né d’une tribune publiée en 2020 dans le quotidien le Monde de 1 000 scientifiques appelant à la désobéissance civile face à l « 'inertie » des gouvernements face à la crise climatique. Ses membres ont par exemple manifesté contre la loi Duplomb ou l’autoroute A69 Castres-Toulouse.
