Le cimentier Lafarge a été condamné en avril dernier pour financement du terrorisme en Syrie et les deux dirigeants ont reçu une peine de cinq et six ans de prison
La cour d’appel de Paris a accepté mardi de libérer sous contrôle judiciaire l’ex-PDG du cimentier Lafarge, Bruno Lafont, et son bras droit, Christian Herrault, incarcérés mi-avril après leur condamnation pour financement du terrorisme en Syrie.
L’ancien patron du CAC 40 de 69 ans et son ex-directeur général adjoint de 75 ans ont été condamnés le 13 avril par le tribunal correctionnel de Paris, respectivement à six et cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à l’audience. Ils ont demandé le 19 mai leur mise en liberté avant un nouveau procès.
La cour d’appel a estimé dans sa décision que la détention provisoire n’était « pas le moyen indispensable » de garantir la représentation devant la justice des deux hommes et a pris en compte « le choc carcéral » qu’ils ont subi. Dans le cadre de leur contrôle judiciaire, elle leur a interdit de sortir du territoire national français et a fixé un cautionnement, de 100 000 euros pour Bruno Lafont et 90 000 euros pour Christian Herrault, à verser d’ici le 2 juillet.
Elle ne leur a en revanche pas interdit d’entrer en contact comme l’avait requis le parquet général alors que les deux hommes ont été incarcérés dans la même cellule à la prison de la Santé. Ils devraient sortir de prison d’ici la fin de la journée.
L’avocate de Bruno Lafont, Jacqueline Laffont, a dit être « soulagée » et « surtout rassurée quand les magistrats, comme c’est le cas aujourd’hui, appliquent la loi et le droit ». Bruno Lafont et Christian Herrault figurent parmi les neuf prévenus reconnus coupables le 13 avril par le tribunal correctionnel d’avoir versé en 2013 et 2014, via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), près de 5,6 millions d’euros à des groupes djihadistes armés afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.
Tous les prévenus, dont l’entreprise Lafarge - ancien fleuron de l’industrie française aujourd’hui avalé par son concurrent suisse Holcim - condamnée à l’amende maximale encourue, soit 1,125 million d’euros, ainsi qu’à payer solidairement avec quatre de ses ex-cadres une amende douanière de 4,57 millions d’euros pour le non-respect des sanctions financières internationales, ont fait appel de leur condamnation et seront rejugés dans les prochains mois.
